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28 mars 2026

Chercher la petite bête à Saint-Cézaire (Inter-clubs : stage biospéléologie du CDS06 des 28 et 29 mars 2026)

Participants : Josiane et Bernard Lips, Kty, Éric, Pierre, Sophie, Vincent, Denis, Serge, Adeline, Séréna, Brigitte, Catherine, Marcel, Jean-Luc, Apolline, Clarisse, Alessandro, Alessio, Fabien

TPST : 3h

Au GSV, on apprécie les sciences, et on est toujours curieux, c’est pourquoi Dada, informé de mon goût pour la biospéologie, a organisé une sortie aux Caranques, où il voudrait pouvoir me montrer quelques bestioles, dont il espère que je saurai lui dire le nom, et qu’il a prévue… le dimanche du stage.

Pas grave, on a également le sens pratique, et on sait s’organiser : les tâches sont rapidement réparties, j’irai au stage, pendant que les copains iront aux Caranques sans moi, non sans m’avoir promis auparavant de boire un coup à ma santé. C’est donc un peu avant 9h que j’arrive sur le parking de la Grotte de Saint-Cézaire, où j’aperçois déjà pas mal de monde. Le stage est organisé par le CDS06 et sa commission scientifique, avec comme organisateurs Éric, des SophiTaupes et Président de la CoSci, et Kty, du Groupe Spéléo Magnan, de la CoSci et du GCP Chiroptères, tous deux également membres du Groupe d’Études de Biospéléologie, avec comme animateurs Josiane et Bernard Lips, du GEB, experts reconnus dans leur domaine. En plus de ces deux clubs, étaient également représentés le Garagahl, ainsi que le GSV (par votre serviteur). De nombreux invités avaient fait le déplacement, d’Italie, du 13, du 09, et même de l’étranger, puisque nous avons eu le plaisir d’accueillir plusieurs de nos amis varois… Nous étions en tout une vingtaine de participants, intervenants et stagiaires, quand on nous a informés que les Lips, partis en avance pour préparer le stage, n’étaient toujours pas arrivés… Ils n’ont heureusement pas mis longtemps et, les présentations faites, Josiane a pu nous briefer sur les techniques d’inventaire. Chacun sera doté d’un appareil photo et de matériel de collecte, afin de… et bien de photographier et de collecter les animaux que nous croiserons. Ouais, ça semble logique, en fait.

La Grotte Dozol, ou Grotte de Saint-Cézaire (11-H) est une grotte touristique aménagée ouverte depuis un peu plus d’un siècle, qui présente la particularité d’avoir son entrée artificielle à l’intérieur du bâtiment, et aucun accès naturel vers l’extérieur : ainsi privée des apports en matière organique venus de l’extérieur, et des chauves-souris, en plus d’avoir été fortement aménagée, elle est du coup réputée totalement stérile, n’abritant aucune sorte d’organismes, et plusieurs biospéléologues en sont déjà revenus bredouilles… Cela a intrigué Pierre, le nouveau guide de l’établissement : passionné de spéléologie, ce garçon a quitté il y a un peu plus d’un an sa région natale, très belle mais à peu près dépourvue de trous exploitables, et s’est installé chez nous dans l’espoir d’avoir l’occasion d’y explorer de belles cavités… Il a rapidement trouvé employeur à la Grotte, ce qui l’a malheureusement tellement occupé jusqu’ici qu’il n’a pas eu l’occasion d’en visiter beaucoup…


L’entrée de la grotte… (c’est facile, c’est écrit dessus…)


Intrigué, il a donc proposé d’accueillir le stage de cette année dans son établissement afin de vérifier cette prétendue absence de vie. Après avoir constitué des équipes de deux, il est un peu moins de 10h quand nous franchissons la porte et descendons les escaliers menant à la cavité, où l’on pense rester environ trois heures…


La salle, aux concrétions magnifiques, éclairée pour accueillir le public…


Des cristaux de calcite en « oursins »…


Je fais pour ma part équipe avec Vincent, du GSM. Les chemins bien dégagés et cimentés accessibles aux visiteurs permettent de contempler de splendides concrétions, mais on comprend assez vite qu’il va nous falloir regarder ailleurs que sur les sentiers ultra fréquentés pour espérer voir de la vie. Avec mon acolyte, nous nous engageons donc dans la première bifurcation à notre droite, un petit boyau en cul-de-sac non aménagé en contrebas de la deuxième volée de marches. Les filles sont plus malignes et ont repéré quant à elles sur la topo une petite galerie descendant à -9m sur la gauche encore plus près de l’entrée, d’accès plus étroit qu’elles décident d’explorer, et l’avenir montrera qu’elles ont eu raison… Tandis que l’essentiel du groupe s’enfonce dans les profondeurs, Éric se charge de rééquiper le puits situé au fond, où descendront deux chanceux volontaires désignés d’office.

Dès les premiers mètres, cela me plaît : le sol est très boueux, et l’on s’y enfonce rapidement, mais les concrétions sont recouvertes de déjections de cloportes et de mille-pattes, je ne doute pas qu’on y croise donc de la vie. Une chose cependant me dérange, la présence de lampes allumées depuis le matin, pour l’accueil des visiteurs, et qui y déploient un jour constant, pas tellement compatible avec la vie souterraine telle que je la connais. Des plantes on même réussi à pousser, et un petit tapis de mousse bien verte se développe à -6m, en face d’un projecteur, là où la lumière serait normalement totalement absente. Quelques coquilles vides prises dans l’argile et de toute évidence là depuis très, très longtemps constituent nos premières prises, à peine le temps de nous interroger sur la présence d’un grand nombre d’ampoules enfoncées dans le sédiment, quand je repère enfin ce que je cherche : un minuscule cloporte dépigmenté d’un peu moins de 3 mm. Serge, en regardant mes photos, me fera plus tard remarquer à juste titre qu’on en voit de similaires un peu partout dans le plateau, et il a raison, mais lorsque je lui montre ensuite le spécimen dans son tube d’alcool, il reconnaît que les « siens » sont beaucoup plus gros : il fait en fait référence à l’espèce Alpioniscus feneriensis, bien connue, sinon de nom, du moins d’apparence, de la plupart des spéléologues du coin, et qu’on observe notamment facilement à la Bauma Fumada, à environ 21 km au NE d’ici. La mienne est beaucoup plus petite : Nesiotoniscus ribensis fait partie de la même famille, mais ne dépasse pas les 3 mm. Outre sa taille, elle s’en distingue également par les antennes, plus courtes et trapues. Ce petit cloporte entièrement blanc et dépourvu d’yeux est ce que l’on appelle une espèce troglobie, une espèce entièrement adaptée au milieu souterrain, qui y passe sa vie entière, s’y reproduit, et dont il n’existe aucun représentant à la surface. Vincent me désigne à son tour un cloporte de taille moyenne, que j’identifie comme la Philoscie des caves, Chaetophiloscia cellaria. Deux autres suivront. La Philoscie, quant à elle, est un cloporte beaucoup plus courant, que l’on rencontre également fréquemment dans les souterrains y compris artificiels, comme les caves (d’où son nom), et même à l’extérieur. Elle est un parfait exemple de faune eutroglophile, c’est-à-dire d’un animal parfaitement capable de vivre aussi bien à l’extérieur (pourvu qu’il fasse suffisamment frais et sombre, sous les pierres, par exemple) ou sous terre. Elle n’a absolument aucun besoin de sortir, certaines populations passent leur vie à l’extérieur, tandis que d’autres ne sortent jamais. Contrairement au Nesiotoniscus, elle possède des pigments colorés – même si les populations souterraines ont parfois tendance à être plus pâles. La Grotte de Saint-Cézaire est donc bien habitée, finalement !


Nesiotoniscus ribensis Vandel, 1948 (pas encore de nom commun français) : petit cloporte de moins de 3 mm, entièrement blanc et sans yeux, faisant partie de la faune troglobie de la grotte, c’est-à-dire des espèces entièrement adaptée au milieu souterrain et ne vivant que là.


Chaetophiloscia cellaria (Dollfus, 1884), la Philoscie des caves : cloporte de taille moyenne, faisant partie de la faune troglophile de la grotte, c’est-à-dire des espèces que l’on peut trouver aussi bien sous terre qu’à la surface.


Polydesmidae sp. cf. mistrei, la future mascotte de la Grotte ? Très commun, il est encore en attente pour l’instant d’une détermination précise par les spécialistes.


Je ne sais plus lequel de nous deux repère en premier ce petit mille-pattes entièrement blanc, qui arpente avec bonhommie la paroi juste derrière nous, un Polydesme, au corps aplati. Deux autres suivront, et plusieurs autres groupes en récolteront également. Relativement fréquent dans la cavité, facile à observer, et très typique, avec son corps blanc dépourvu d’yeux, il deviendra rapidement la mascotte de la Grotte, surnommé « Bobby » par le personnel. Un spot entièrement prospecté, on passe au suivant, explorant ainsi toute la cavité, laissant aux autres groupes le soin de vérifier après nous ce qui aurait pu nous échapper, et repassant nous-mêmes où les autres sont déjà passés, on s’efforce de tout couvrir. Pas de grande étendue d’eau dans la cavité, où l’on puisse espérer trouver des Niphargus, et d’autres aquatiques, mais ça et là des flaques et de petits gours où s’agitent de minuscules points blancs : pour ceux qui aiment boire aux gours, ce sont eux qui sont responsable de l’apport en protéine supplémentaire ainsi que de la sensation très désagréable en bouche. Il s’agit, pour la plupart, de collemboles, mais quelques autres minuscules animaux dépigmentés y sont observés occasionnellement : acariens, symphiles, et même un minuscule palpigrade (microscorpion, à ne pas confondre avec les pseudoscorpions !). Sophie, du fond du P52, me crie sa frustration d’avoir accepté de descendre au fond de ce cloaque où elle n’a rien trouvé à part de l’argile. Au fond de la salle principale, la longue galerie aveugle à -17 m’attire comme un aimant. Vincent, prudent, m’attend là et continue de scruter les concrétions. Éric, paraît-il, s’y est déjà aventuré et n’y a rien trouvé d’autre que de la boue. Fanfaron, je m’élance, mais ne ferai malheureusement pas mieux ; j’aurai au moins eu le plaisir d’explorer un peu, et d’étrenner ma combi avec de l’argile toute neuve. A la sortie, je pourrais facilement passer pour le petit frère d’Éric, tant nos tenues sont assorties. C’est bon pour la peau, paraît-il… La semaine a été longue, je me suis levé tôt, et je commence à éprouver un sérieux mal de tête : je me propose donc de sortir, pour prendre un cachet. Éric m’apprend que trois autres personnes en ont fait l’expérience, et que la fatigue n’a pas grand-chose à y voir, mais plus probablement le CO2, présent en quantité appréciable malgré la ventilation dans la cavité où nous stationnons déjà depuis près de trois heures. Je le remercie beaucoup et me félicite intérieurement, pensant que je vais être acclamé en héros lorsque je vais rentrer au GSV en leur apportant cette excuse si magnifique : « j’ai mal à la tête, mais c’est pas à cause du pinard, c’est le CO2 ! »


Clarisse traque la petite bête, équipée d’un aspirateur à bouche. Il faut faire bien attention de ne pas se tromper de tuyau…


Les visiteurs de la Grotte ce jour-là nous ont probablement pris pour des fous…


On ressort donc un par un, et on file se changer (à part Eric, qui a eu la brillante idée de laisser les clefs de la voiture à Kty, et qui du coup se retrouve sans chaussures) afin d’être à peu près présentable pour le déjeuner, prévu à 13h30.

Déjeuner sur place, au restaurant de la Grotte, offert par la direction. On se retrouve donc tous les vingt pour trinquer avec un très bon petit rouge, autour de magnifiques assiettes, une belle salade pour commencer, puis poulet sauce aux morilles. Certaines de ces dames préfèrent le rosé, mais tous trinquent de concert ; il n’y a que deux convives qui se trouvent être végétariens, dont notre ami Pierre, mais vu qu’il est aussi fort que les autres pour lever le coude, cela ne se remarque pas trop (ne pas manger de viande, c’est quand même nettement moins grave que de ne pas boire d’alcool…)


Magnifique décor pour le déjeuner du midi à l’Aragonite, le restaurant de la grotte (Photo Kty)


Changement de décor pour l’après-midi, nous sommes hébergés dans les locaux du Parc Naturel Régional, à Saint-Vallier, à quelques kilomètres de là. Comme le matin, Kty et Éric, Josiane et Bernard partent en tête, pour préparer. Je les suis peu après, et à peine suis-je sorti de la ville que je tombe sur… les Lips, en train de faire demi-tour…

Je m’arrête donc, me signale à Bernard, et le guide jusqu’à Saint Vallier. Les locaux du PNR sont vastes, avec une grande salle où nous pourrons tous tenir pour l’après-midi. Le temps de monter tout le matériel, y compris les dix loupes binoculaires et toute la documentation, nous reformons les binômes du matin pour à présent préparer et interpréter le matériel collecté le matin. Il s’agit de préserver les spécimens dans des tubes remplis d’alcool qui seront étiquetés, et conservés afin que les spécialistes puissent les étudier. Les quelques spécimens aperçus ce matin ne représentent qu’une toute petite fraction de ce qui se cache dans chaque fissure de la grotte, et ce petit sacrifice permet de faire considérablement avancer la science, et, le cas échéant, de prendre les mesures nécessaires pour préserver les autres. Et puis je me dis que, après-tout, finir noyé dans un récipient rempli d’alcool, c’est quand même une belle mort…


La salle de travail, dans les locaux du PNR (Photo Adeline)


Les échantillons sont identifiés le plus précisément possible, grâce à la documentation disponible, afin d’être adressés au bon spécialiste. C’est qu’il n’est pas toujours possible d’identifier une espèce sur le terrain, parfois plusieurs espèces distinctes se ressemblent tellement qu’il est impossible de savoir de laquelle il s’agit sans les disséquer… C’est notamment le cas de notre Polydesme (raison pour laquelle je n’ai pas pu indiquer son nom) : un Polydesme cavernicole a bien déjà été décrit dans le coin (Propolydesmus mistrei (Brölemann, 1902)), mais plusieurs autres espèces très similaires sont également possibles, seule différence notable : la forme des bijoux de famille du Monsieur (dans le métier, on dit « gonopode », pour éviter de mentionner auprès des non-initiés que l’essentiel du travail consiste à examiner des parties génitales au microscope… C’est pas un métier, c’est une vocation…) Examen détaillé sous la loupe binoculaire, et : bingo ! Au moins deux mâles dans le lot. « Bobby » devrait prochainement pouvoir recevoir un nom plus précis…


Félicitations, Madame ! C’est un garçon !


Jackpot pour les filles, qui ont décidément bien fait d’explorer la première galerie non aménagée : en plus d’un autre mille-pattes aveugle, celui-ci aux grosses « joues » hyperdéveloppées (Devillea tuberculata Brölemann, 1902), Séléna a réussi à attraper un petit cloporte très intéressant : il peut s’agir ou bien d’une espèce déjà connue de la région, mais très faiblement connu de la science (ce serait la 4ème ou 5ème fois seulement qu’elle serait observée par l’être humain), ou bien d’une espèce peut-être moins rare, mais dans ce cas qui serait totalement inconnue, et donc nouvelle, pour le département… Quoi qu’il en soit, c’est du lourd, et cela donne très envie d’y retourner pour en apprendre davantage…


Un mystérieux cloporte, et peut-être la donnée la plus intéressante de la matinée : on espère qu’il pourra être identifié par Franck Noël, le spécialiste du groupe. (Photo Adeline)


Ce travail méticuleux nous occupe une bonne partie de l’après-midi, et on en profite pour papoter et faire connaissance. On reconnaît certaines espèces, le travail avance. Josiane aide aux déterminations, ainsi qu’à l’inventaire. Bernard récupère les photographies, qui vont servir à présenter notre travail ce soir.


Josiane identifie un spécimen sous loupe binoculaire (Photo Marcel)


Les photos prises le matin vont permettre à Bernard de présenter un diaporama de notre travail (Photo Alessandro)


Il faut être très méticuleux avec l’étiquetage des échantillons. Tout le monde écoute avec beaucoup d’attention les consignes de Josiane.


Repas du soir au Relais Impérial, où est également hébergée une bonne partie de l’équipe. La bière bien fraîche fait beaucoup de bien après une grosse journée de travail, puis nous passons à table, où nous avons le temps de papoter. Anecdote amusante, j’engage la conversation avec les collègues varois : connaissant un peu la géologie du coin qui est assez différente de la nôtre, j’ai du mal à situer où sont les trous intéressants dans le coin. Je questionne Jean-Luc à ce sujet, et l’on se met à causer géographie, puis politique, avant que je ne réalise que Brigitte était mon maître de stage, à sa pépinière lorsque j’étais en 4ème… (1997, j’ai vérifié !) Tout cela ne nous rajeunit pas (je n’avais même pas encore la barbe, à l’époque, je ne l’ai portée qu’un an plus tard…), mais nous fait en tous cas passer un bon moment. Le dessert et la suite de la soirée se passent dans la salle de projection de l’hôtel, en compagnie de quelques invités supplémentaires, dont le directeur de la Grotte et les élus locaux, devant lesquels sont présentés les grands principes de la biospéléologie, ainsi que nos premiers résultats, grâce aux photos du matin.


Un autre type de salle, sans concrétion, celle du Relais Impérial où nous dînons le soir (très belle aussi, photo Kty)


Le lendemain, le réveil pique un peu, non pas à cause de l’alcool, mais du changement d’heure ! (et probablement un petit reste de CO2 aussi…). Le ciel est gris, et le soleil semble avoir pris le même coup de pelle que moi, et a du mal à se lever. Retour aux locaux du PNR, où il faut finir le travail d’inventaire entamé la veille. Certains, dont Éric, ont évoqué la possibilité de ressortir faire quelques cavités histoire de compléter un peu, et tester nos compétences nouvellement acquises, mais Josiane a émis des doutes… Effectivement, on n’aura pas trop de la journée pour finir le méticuleux travail d’étiquetage et d’emballage. Pique-nique à midi sur la terrasse, le soleil ayant enfin daigné se lever, avec les denrées apportées par chacun (mais qui a donc pensé à apporter un lonzu corse ? Mais quelle excellente idée Brigitte !). Le Haut-Médoc Demoiselle de Sociando-Mallet 2008 (c’est 100% végétal, tu peux y aller, Pierre !) aide à éliminer les derniers relents de CO2 et à finir le travail la tête légère. En tout, ce sont plus de 90 nouvelles données qui viennent s’ajouter à la collection déjà impressionnante gérée par Josiane, et qui entament le premier inventaire de la Grotte de Saint-Cézaire ; le nombre précis d’espèces reste encore à connaître, dépendant des déterminations qu’en feront les spécialistes après qu’on leur aura adressé le matériel, mais on estime qu’une bonne vingtaine d’espèces ont ainsi été observée pour la première fois dans cette petite cavité réputée stérile et sans aucun intérêt : le plus souvent, la biodiversité ne s’observe que quand on prend la peine de la chercher… S’il manque à l’inventaire, comme on s’y attendait, la faune d’entrée (du fait de l’absence d’entrée naturelle), et les guanophiles (du fait de l’absence de chiroptères), la grotte héberge bien une faune de troglobies adaptés à la vie en profondeur, ainsi que des troglophiles et des endogés qui doivent y accéder par les nombreuses fissures mettant en relation la grotte avec le karst environnant. Elle n’a probablement pas encore livré tous ses secrets…



Le temps de redescendre le matériel dans les voitures, on échange les coordonnées et on se quitte avec émotion : on s’était retrouvés comme co-stagiaires, on se quitte pratiquement amis. Des groupes de travail ont été constitués, on se promet de revenir sur le travail entamé, et de retour à la maison de partager avec nos clubs respectifs un peu de notre savoir-faire nouvellement acquis. Un excellent week-end enrichissant tant intellectuellement qu’émotionnellement, humainement et gastronomiquement. Un très grand merci à Pierre et à la direction de la Grotte de Saint-Cézaire, ainsi qu’au Parc Naturel Régional de nous avoir accueillis, à Kty et Éric d’avoir tout organisé, et à Josiane et Bernard de nous avoir éblouis et fait partager un peu de leur sagesse… 





Fabien





13 oct. 2024

Robins des bois de l'Escaranque

Participants : Daniel, Francis, Jérôme, Philippe, Robin et Robin
TPST : 2h45

Pour cette deuxième sortie d'initiation de notre ami Francis, le Président Dada avait choisi la Baume des Caranques et ses somptueuses concrétions, trou ultra-connu s'il en est mais qui permet de se rincer les yeux (et le gosier) pour pas cher, tant il y a de belles choses à voir (et à boire). Entretemps, un nouveau passionné d'aventures souterraines, Philippe, avait lors de la dernière réunion émis le souhait de visiter une cavité en compagnie de son fils Robin, 8 ans. Ils furent donc rajoutés à la liste. Enfin, l'avant-veille de la sortie, le Président Chouca (Maréchal-Empereur-Grand Timonier à Vie du Groupe Spéléologique de Gourdon) nous confia l'un de ses membres (du Club, pas de Chouca, suivez quoi...) nommé lui aussi Robin, et qui n'avait jamais posé les bottes aux Caranques. Lorsque Daniel apprit la nouvelle, il eut l'une de ses fulgurances littéraires habituelles : "Ca va en faire, des Robins dans les bois !".

Et c'est dans les bois de l'Escaranque justement, plus exactement sur le parking de la grotte, que fut convoqué tout ce beau monde à 9h30, en ce doux dimanche d'octobre bien ensoleillé. Même le Président Chouca (Guide Suprême-Illumination Céleste du Groupe Spéléologique de Gourdon) se pointa au volant de sa Batmobile Alpine pour nous donner ses consignes péremptoires au sujet de son cher Robin : "Déjà vous ne me l'abîmez pas, j'en ai besoin la semaine prochaine pour quelques menus travaux de pompage, vous ne lui apprenez pas trop de gros mots et surtout vous ne le faites pas picoler !" Quand Chouca vous assène un truc comme çà en roulant des yeux derrière ses lunettes d'ancien médecin nazi, vous n'avez qu'une envie : faire exactement le contraire. Et c'est ce que j'ai lu sur le visage impassible de notre omniprésident Dada : "Compte là-dessus et bois de l'eau fraîche". Une fois Chouca reparti, Francis brandit une bouteille de rouge avec un grand sourire : "Vous croyez qu'on en aura assez pour cinq ?" Je sors alors la mienne et je réponds : "Là oui, on en aura assez pour cinq". Daniel et Robin le Vieux acquiescent vigoureusement tandis que Robin le Jeune tire sur le pantalon de son père : "Et moi, je bois quoi ?"

Une fois le ravitaillement et les équipements répartis dans les sacs à dos, nous attaquons la raide montée qui mène au trou à travers bois et pierriers, soit trente minutes de souffrances infinies pour Philippe qui avait bien fait la bringue l'avant-veille et pour votre serviteur qui sortait à peine d'une méchante crève des familles. C'est donc bons derniers que nous atteignons le porche de la Baume en soufflant comme des sèche-cheveux chinois vendus trois euros cinquante sur Ali Express. Les deux Robins, le Francis et le Président sont eux, frais comme des gardons. Bien que la Baume des Caranques ne comporte pas de puits et ne nécessite donc pas de matériel de descente, Daniel a tenu à équiper de pied en cap nos trois initiés de frais, avec baudrier, longes, descendeur, jumar et tout et tout. 


Enfilade de spéléologues


Je fais des photos en informant Francis, Philippe et Robin le Jeune qu'elles attesteront de leur équipement dans les normes fédérales en cas d'accident plus ou moins mortel et dédouanent ainsi le GSV de toute responsabilité. Dada marmonne : "je me demande s'il ne faudrait pas aussi leur faire signer une décharge..."




Il est onze heures quand nous nous faufilons dans l'étroiture qui marque l'entrée du trou. Le Président fait la moue : "Oula ! Y a de la flotte". Effectivement, les bonnes pluies de la semaine ont rempli les gours. 





C'est magnifique mais c'est aussi mauvais signe pour la deuxième partie de la visite qui nécessite de franchir un passage surbaissé. En attendant, nous débouchons sur la grande salle de la méduse et Dada sécurise au moyen d'une corde la main-courante qui permet de désescalader la rampe menant au bas de la salle.


Je descend le premier pour parer aux éventuelles chutes de corps et réceptionne la fine équipe. Le temps de mitrailler les lieux, nous nous acheminons vers le passage bas et concrétionné qui conduit à la deuxième grande salle de la baume. Comme l'avait craint le Président, la zone est recouverte d'une bonne trentaine de centimètres d'eau, ce qui, compte tenu de la reptation à y effectuer, signifie remplissage de bottes et trempage de roubignolles. 




Comme vous le savez, Daniel est allergique à l'eau mais il demande quand même si quelques volontaires sont prêts à se mouiller pour aller voir de l'autre côté. L'enthousiasme de la troupe se traduit alors par des excuses foireuses du genre "Euh non, je peux pas j'ai piscine" (Robin le Vieux), "Euh Président, il est midi moins dix, c'est l'heure de l'apéro, non ?" (ce fayot de Francis), "Le docteur me l'a interdit, je ne suis plus étanche" (Philippe). Même Robin le Jeune botte en touche. Satisfait, Dada nous convie donc au déjeuner face à la grande méduse. 


En tant que préposé au transport du pinard je débouche la première bouteille, un côtes de blaye 2020, et à peine le bouchon a-t-il fait "pop" que le Président, pourtant assis à deux mètres de moi, se matérialise instantanément dans mon dos le gobelet tendu. Robin le Vieux est estomaqué: "Mais. Comment il fait çà ? C'est de la téléportation !". Je corrige : "Non, il a simplement très soif et ça lui donne des ailes, et comme c'est le chef il veut être servi en premier." "Papa, moi aussi je veux devenir chef spéléo pour avoir du vin en premier", piaille Robin le Jeune. "Bois ton eau ou je dis à ta mère que tu veux faire carrière dans le gros rouge" le tance Philippe. Le bordeaux s'évapore à la vitesse de la lumière et nous attaquons rapidement le vin du Vaucluse 2020 apporté par Francis. 

Aaaah, les valeurs simples du GSV : convivialité, bon vin et ragots en tous genres. La palme revient à notre invité du Groupe Spéléologique de Gourdon, Robin le Vieux : "Je suis bien content d'être venu. Au GSG c'est tous des cul-serrés et des buveurs d'eau !". Chouca nous ferait un AVC s'il entendait ainsi parler son disciple. Il est vrai que l'ami Robin a une sérieuse descente, talonné par Philippe et Francis. Le Président, champion de descente toutes catégories, est ému : "Mon petit Robin, tu peux venir chez nous quand tu veux, nous manquons cruellement de soiffards". Je ne sais pas si c'est l'effet des treize-quatorze degrés d'alcool ou de l'émotion, mais les larmes nous viennent aux yeux devant de si belles paroles.

C'est donc titubant et dans la bonne humeur que nous prenons le chemin de la sortie. Il est 13h30 et quand même un peu tôt pour retourner aux voitures aussi Dada nous propose-t-il, après nous être changés, d'aller jeter un oeil au porche de la grotte du Revest à quelques encâblures de là, ne serait-ce que pour préparer la sortie suivante, la traversée Revest-grotte du Feu. Nous y pénétrons sur une trentaine de mètres histoire de motiver les troupes pour la fois prochaine.

Nous retiendrons donc de cette sortie que deux quilles de rouge sont nécessaires pour abreuver cinq solides gaillards du GSV et que les Robins dans les bois sont des flèches...

Jérôme
(avec les photos de Robin)
(le vieux)

1 mars 2023

Désobstruction Mars 2023 (25 sorties)

Roquefort (15 sorties):

Réseau sous Péguière (Mardaric, x3): descente dans la faille sur 11m, arrêt sur R4 dans élargissement. Désobstruction terminus partie horizontale au-dessus.

Grotte de la chèvre d’or (Pierre, x1).

Aven du Chevrier (Camouyer, x4): désob de 2 passages à droite en bas du R3 et dans le méandre à gauche.

Réseau de la souche (Rives du Loup, x5): désob du terminus, avancé sur 10m puis carrefour avec pigeonnier ; calibrage de passages vers 2e et 3e entrées.

Pont de Pierre, la carrière (x1): prospection dans le secteur gauche (au Sud), trouvé 4 départs.

Grotte 105R (Gorges du Loup, x1) : visite, désob du terminus, 1ere sur 8m dans petit conduit.

Gourdon (5 sorties):

-Naseaux (x2): pose d’un tuyau de 75 50m après le S1, montage du tableau électrique.

-Craignos (x3): montage du mur, montage nouvelle pompe dans la salle de la Dune, dégagement du câble en extérieur et bloc dans galerie d’entrée enlevé.

Gréolières (Pierre, x2):  

-La Bouisse: 1ere sur 270 à 300m.

Cipières (Nicolas avec le Martel, x1): 

-La Baume.

Le Rouret (Chateauneuf, x2) 

-Recherche du 40B trouvé, puis visite dans la foulée. Recherche du 40C et 40D pas trouvés. Prospection, vu quelques petits départs. Recherche du 112D pas trouvé, semble avoir été rebouché, pointé à côté d’une piste. Prospection dans le section, rien trouvé.

Sorties club (Roquefort, x2):

-105N2 pour photos et film.

-Aven du Lapin (Roquefort).

Pour le Club,

Christophe

12 juin 2022

De la première aux Gleirettes

Participants : Alexis, Antoine, Christophe, Liam et Loïc (Martel), Daniel (GSV)
TPST : 8h15

Le rendez-vous était à 8h45 à Canaux. Il est 10h30 quand le premier spéléo descend dans le trou.

Antoine et Loïc finissent de calibrer la dernière partie du P16 et finalisent l'équipement avec la pose d'une corde permanente. Christophe et Alexis rééquipent les deux derniers puits menant au fond qui n'est plus qu'une fracture encombrée de blocs. 

En remontant, Dada repère un petit départ en haut du dernier puits, au niveau de l'amarrage naturel du début de main courante. En enlevant le casque pour regarder avec la torche, il aperçoit ce qui semblerait être une salle, avec une chauve-souris qui, visiblement, l'invite à aller voir. Il attend donc Antoine, qui vapote dans le conduit, et ressent un léger courant d'air. 

Il est midi et nous retournons dans la grande salle pour casser la croûte. Nous parlons de cette découverte à Christophe qui, après s'être sustenté, remonte jusqu'à la baïonnette du P16 pour récupérer le matériel de désob. En l'attendant, Alexis, Antoine et Liam font une petite remontée sur le côté pour atteindre une grosse lucarne à 3 mètres. Elle donne après quelques mètres sur un petit puits remontant qui mène à une autre belle lucarne d'où l'on contemple la salle depuis une hauteur de 6 mètres. Christophe et Antoine redescendent jusqu'au départ du dernier puits pour élargir le passage. 

Avec Loïc, nous prospectons quelques départs sur le pourtour de la salle. Nous en descendons un sur quelques mètres, puis après un peu de reptation, nous arrivons au pied d'un petit balcon suivi d'une autre grosse lucarne. Au retour, Alexis met une corde pour redescendre de la grosse lucarne en plafond.

Christophe vient nous chercher car après avoir élargi le passage en haut du dernier puits ils ont trouvé une petite salle suivie d'une galerie et de deux autre salles dont la dernière fait huit mètres par trois avec une cheminée en plafond. A voir. Au bas de la salle, Antoine élargit le départ d'un puits d'une dizaine de mètres avec un palier vers moins cinq. Au bas du puits, Alexis descend une suite en méandre sur environ 7 mètres, suite très étroite. Au palier, un conduit assez boueux nous mène à une grande salle en forme de "L". Deux départs au sol pourraient donner des suites au bout du "L". Une petite escalade amène sur un balcon d'où part un petit méandre remontant sur 9 mètres. Deux lucarnes, une à droite et une à gauche, donnent sur des suites sur environ 5 mètres. 

Christophe fait la topo de ce réseau. Son développement est d'environ 140 mètres, la profondeur est incertaine. Les cordes des deux puits sont, à force, devenues très boueuses et la remontée se fait avec le doigt sous la gâchette. Nous sortons entre 18h et 18h45. Je suis chez moi vers 20h30.

Daniel





28 févr. 2022

Désobstruction Février 2022 (20 sorties)

Sur Vence (1 sortie)

-3 mille pattes (secteur du Baou des Blancs):  réseau de la Grande Coulée, désob d’un passage vu précédemment mais hélas pas de suite ! Repéré autre suite en cheminée à voir. Déséquipement de la 2e partie de la remontée dans la 3e salle.

Sur Roquefort (2 sorties)

Aven de la maison des chasseurs (secteur du Pibou Haut) : désob du terminus.

Sur Gourdon (3 sorties, interclub avec Choucas) :

Craignos : on travaille sur la trémie en haut de la galerie de la source.

Naseaux : calibrage et équipement de la galerie.

Sur La Colle sur Loup (10 sorties) :

Grotte des Barres (Secteur des Rives du Loup, 2 sorties): dev 9m ; grotte du bouquet de fougères, dev 4,5m.

Repérage, équipement et visite de l’aven du Chemin de Montheuille (44H, 2 sorties). Prospection.

Équipement et visite de l’aven Bianchi (44C). Trouvé une suite en cheminée donnant sur petite galerie en pente avec P5 et suite en fracture ventilée.

Sur Villeneuve Loubet (1 sortie) :

Aven du Mort Cheval 161G : repérage et visite. Trouvé une suite en laminoir terreux ; petite salle basse, et une suite à ouvrir, dev 12m en +.

Sur Andon (1 sortie, interclub Martel/GSV) :

Aven des Gleirettes (10Z), désob du P16. Restent 4m à ouvrir. Visite de la salle.

SORTIES CLUB (sans forcément de compte-rendu ; sorties non comptabilisées dans le nombre de sorties du titre, sorties en club, en solo ou binôme si un/des noms est/sont spécifié(s)) :

Avens du Lapin et Alziari (Roquefort les Pins) ; Aven du Danger et Cappuccino (galerie de -100m) sur Gourdon.

Pour le Club,

Christophe