Affichage des articles dont le libellé est Exploration. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Exploration. Afficher tous les articles

20 sept. 2026

Le Club des Cinq à l'aven Zorro

Participants : Daniel, Jérome, Olivier, Yannick, Francis
TPST : 8h ou pas loin

Le rendez-vous est à 9h au villlage de Caussols pour découvrir cet aven qui doit son nom au masque caractéristique du loir, petit animal croisé le jour de la découverte du trou par Alain Gomez, le local de l'étape. Voilà un moins 135 m propice à éclater sûrement le record de Yannick et peut-être d'Olivier qui a repris depuis peu l'activité et ne se souvient plus de ses exploits. Fabien a décliné l'invitation car il avait piscine ou plus probablement les jetons de se frotter à Zorro. Bien lui en a pris car l'entreprise a duré plus longtemps que prévu, et on n'était que cinq !

Au départ nous devions faire l'aven de l'air chaud à Saint-Vallier avec ses -240 m mais les multiples petits puits à équiper ont dissuadé le Président qui ne voulait pas passer 18h sous terre !

Arrivé en tandem avant tout le monde, Le Président et son fidèle bras droit Jérome se réchauffent avec un café à la boulangerie, très bien située et pourvue d'un grand parking. La bande est au complet 5 minutes avant l'heure. Le temps de refaire le monde et de s'organiser pour réduire l'escadre à 3 voitures, on décolle 20 minutes plus tard. Quelques minutes de route, quelques minutes pour se garer au cordeau car la place est effectivement très limitée, quelques minutes pour s'équiper, quelques minutes de marche d'approche, quelques minutes pour dégager le trou et enfin quelques secondes pour se répartir les 3 kits de corde :  il est dix heures et des babioles quand le Président attaque l'équipement du Zorro.


S'en suit une succession de puits (moins nombreux qu'à l'Air Chaud donc plus rapidement équipés par Dada), un beau méandre de 30 m bien calibré jadis par le même Dada mais quand même bien chiant avec les kits. Ce passage n'a l'air de rien mais est bien merdique pour les néophytes, ce qui nous fait perdre un peu de temps. Nous voila vers 12h30 à la base du P18 à la cote -115, lieu de la ripaille du jour, équipé de toilettes (pipi seulement, le Président ayant formellement interdit popot...).


Comme d'habitude au GSV chacun a amené de quoi égayer le repas (sandwichs ou gamelles light à la base) avec arrosage au moyen d'un Médoc 2020 (Château Amour, la spéléo c'est que de l'amour !) mais aussi avec de la prune hors-d'âge et de la myrte corse distillées par Yannick et Olivier, grands amateurs de produits bio.






A cinq la bouteille de rouge ne nous fait pas grand mal et on fait un peu gaffe aux doses d'alcools plus costauds pour s'assurer une remontée sereine. Le temps d'éponger un peu tout ça et on part découvrir (sauf pour Dada et Jérôme évidemment) la suite de la cavité. A partir de là c'est de la boue et encore de la boue dans la quelle on trimballe notre matos, "des fois que" selon le Président qui a probablement surestimé sa résistance aux douceurs ingurgitées précédemment. Bref, après quelques boyaux, on atteint les -134 m pour Dada et -133 pour les autres.

A force de contorsions je lâche un vent propice à la méthanisation du lieu et c'est Jérôme qui ayant le rôle de serre-file profite du bouquet, puisque le conduit est du style soufflant...  Il me démasque rapidement et me demande si je n'ai pas bouffé au Père Lachaise la veille. Il n'est pas rancunier mais joueur et donc propose de rester derrière moi pour le retour afin d'avoir l'occasion, lui aussi, de profiter du sens de la ventilation pour se venger bassement. Tout cela ressemble un peu au gazage de blaireau dans son terrier.

Après presque une heure de barbotage gluant, on retrouve avec joie notre salle à manger; avec l'aide des deux jerricans de flotte judicieusement placés là, on nettoie comme on peut notre matos pour attaquer la remontée. Profitant d'une corde encore propre, Yannick part comme une flèche, suivi d'Olivier qui se crame assez vite à se battre avec son bloqueur de pied qui ne bloque rien, gadoue oblige !

C'est vrai qu'avec du matériel bien boueux, faut souvent s'y reprendre à 2 fois avant que cela crante, perso j'en chie avec mon croll Petzl ancienne version. Certains puits paraissent interminables. On aurait décidément pu s'éviter la partie boueuse, sans grand intérêt par ailleurs si ce n'est que de descendre encore plus bas !

Heureusement au GSV on se serre les coudes, donc chacun à son tour tend la corde pour faciliter la grimpette du précédent à l'attaque du puits suivant. La répartition des kits se fait au fur et à mesure du déséquipement et on entend alors râler ceux qui héritent des fardeaux les plus lourd dans les passages un peu techniques ou étroits.

Il est 17h50 quand Dada sort en dernier du trou, une heure plus tard que ce qu'il avait prévu. Bien fait pour lui, il n'avait qu'à pas nous traîner dans la boue.




Grille et branches sont remises en place : la cavité est protégée. Retour rapide aux voitures, transfert des affaires dans des sacs poubelles pour éviter de pourrir lesdites voitures et chacun regagne ses pénates.

J'y repense maintenant : on avait évoqué une petite reprise de myrte et/ou prune à la sortie pour célébrer les records de profondeur pour Olivier et Yannick. Ce sera pour la fois prochaine.


Francis

(avec les photos de Yannick et d'Olivier)


23 août 2026

Aven de Canen

Participants : Daniel, Jérome, Yannick, Sacha, Francis
TPST :3h30

Après avoir redécouvert à moitié (on verra plus tard l'explication...) l'aven Fuca le dimanche précédent et repointé l'aven Canen dans la foulée, le GSV s'est donc fixé comme objectif la revue du second; je complique les phrases sciemment pour entraîner vos neurones potentiellement atrophiés. Cette fois, l'incontournable trio est complété d'un expert de l'alambic (je dis bien UN car ils sont nombreux dans cette catégorie au GSV) et de son courageux fiston. Les autres avaient piscine...

Rencard à 9h30 à l'Audibergue : tout le monde est là à 9h, c'est dire la motivation des gaillards !

Le petit café au resto à coté pour bien profiter du confort du lieu et c'est parti pour les 20 mn de marche sur une bonne piste dans les bois. Cette fois on y va direct, sans une seconde d'hésitation. Il est 10 h moins des miettes (celles des viennoiseries amenées par l'Expert es distillation) quand on arrive sur place .




Le temps de dégager les branches qui protègent l'entrée et de se changer, le Vénérable attaque l'équipement du puits à 10h30. Il râle car les amarrages ne sont pas comme il voudrait et sa corde de 30 m pour un puits de 21 s'avère un peu juste. En maniaque de la sécurité, il a ajouté une main courante à l'entrée et le regrette un peu... Bref une demie heure plus tard le reste de la troupe, qui a eu bien le temps de s'équiper, attaque la descente, Jérôme en tête pour vérifier le boulot du Président (la confiance n'exclut pas le contrôle c'est bien connu...) et piloter le cadet de la bande, le jeune Sacha. Votre serviteur suit pour guider un peu Yannick. Le père et le fils ont manqué pas mal de sorties au profit de batifoleries culinaires arrosées, alors on les surveille de près.

Un beau puits, un petit méandre, une transition un poil technique, un second superbe puits et on débouche dans la galerie en pente à -50 m environ. Tout le monde est en bas à 12h15.

Plus de cordes dispos donc on n'ira pas visiter le fond à -62m, via le ressaut qui s'ensuit.



On prend le temps de visiter le haut de la galerie en se cramponnant comme on peut car c'est bien casse-gueule : de la boue qui colle mélangée à un pierrier merdique qui aurait vite fait de nous envoyer un peu trop bas dans le trou ! Avec une corde de 20 m en plus sous le coude on aurait été plus tranquilles.

Qu'importe, c'est le moment de jaffer (clin d’œil à Jérôme qui se relit tous les San-Antonio depuis le début) et le top départ est donné avec le débouchage sonore de la bouteille de rosé, bien frais, amenée par Jérome devenu maître dans l'art de trimballer sans casse le précieux liquide quelle que soit la cavité.

Hormis le cadet qui dédaigne encore le rosé, se réservant pour le rouge ("avec modération" on dira, des fois que sa mère lise le blog du club...), les autres soiffards ont vite fait d'alléger la bouteille, ceci évidemment pour faciliter la remontée de celui qui la porte car on se serre les coudes (en plus de les lever) au GSV !

Chacun savoure sa gamelle et on se met en condition pour la remontée à l'aide de la vieille Prune de l'ami Yannick (non on ne parle pas d'une de ses roubignolles). Bienvenue est cette douceur car on se caille un peu la dessous. Le flacon est bien attaqué mais on ne le finit pas car on est raisonnableu. Quelques photos puis décollage vers 13 h approximativement (l'effait de la prunnnne cent dhoute...). Le Président cramponne la corde pour la décoller de la paroi et éviter un vicieux frottement (et oui, il n'avait pas prévu assez de dev'), Jérome ouvre la voie, suivi de près par Sacha qui se tape son monté de corde comme pour rire, et sans râler après son baudard qui d'habitude lui broie les noix.



Jérome tient sa position pour guider les suivants et propulse Sacha vers la sortie J'essaie de le rattraper,sans succès. Dada sort en dernier après avoir déséquipé vers heu... le début d'après-midi.

Il est encore frais le bougre et décide avant de virer la combi de visiter le trou qu'on avait trouvé la semaine précédente en cherchant le Canen dans les buis, à 20 m de là. Faut pas craindre de déranger un blaireau pour se glisser la dedans ! Rapide inspection et verdict du vieux sage : à voir si on a le temps...

Retour au parking, pendant que je discute littérature et philosophie avec Jérome, L'Ancien embarque, sans crier gare, les 2 absents du week-end précédent pour leur montrer l'entrée du Fuca.

A peine le temps de déposer le barda dans les voitures qu'une paire de 4x4 s’arrête quasi sur nos pompes et qu'en surgissent précautionneusement d'éminents membres du CDS06 (qui a dit "vieux" ?) qui ont bien évidemment reconnu notre estimable Président.

Les pauvres sont un peu dépités car ils n'ont pas retrouvé leur Pagode !!! On est soulagés quand on apprend que c'est une grotte cachée dans les alentours...

On échange les dernières infos (apparemment de façon plus efficace que lors des réunions prévues à cet effet) et on découvre ainsi que le Fuca ne se termine plus à -90 m mais plutôt à -200 m (d'où le "'à moitié" du début du récit pour ceux qui ne suivent pas). Mieux, la découverte aurait eu lieu 10 jours avant notre visite du week-end dernier ! Stupeur de Dada qui, dimanche dernier, n'a rien décelé, si ce n'est un passage stretch dans l'ancien méandre terminal et pas d'amarrage visible; sûr, il va aller aux renseignements fissa auprès des responsables. D'autant que la suite décrite est plutôt choucarde : un P30 suivi de près par un P70 qui se termine dans un lac assez profond et plus loin un boyau semi-immergé,

avec le courant d'air puissant qui va bien. Z'ont bien bossé les courageux et sveltes défricheurs du Garagahl et du Martel. Bref, peut-être un retour au Fuca dans pas trop longtemps....

Sur ces enthousiasmantes nouvelles, on décarre vers 15h30 me semble-t-il (la prune de Yannick, dont nous avons repris une gorgée à la sortie du Canen, a décidément faussé ma perception du temps)



Francis
(avec les photos de Francis et une vidéo de Yannick extraite de son long mètrage "Les débauchés des vaches qui rient")

16 août 2026

Aven Fuca

Participants : Daniel, Jérome, Francis
TPST : 2h40

En août, les effectifs du GSV se réduisent comme peau de chagrin. Comme personne ne se manifestait pour une sortie dominicale, j'ai chougné le vendredi soir sur le fil Whatsapp du club : "qui a envie d'une escapade anti-glandage, plutôt orientée "puits" pour changer des beuveries habituelles ?". Silence assourdissant des membres en vacances. Seul Jérôme répond et fait l'interface avec Dada, allergique à l'informatique et donc non connecté : "Mon petit Francis je vais voir avec El Presidente s'il a une idée. Après l'intoxication CO2 au Lapin, ça nous décrassera les bronches !". Pris au dépourvu, le Vénérable réfléchit un petit quart d'heure puis nous propose un inédit au GSV : l'aven Fuca ! Ce trou du massif de l'Audibergue, perdu dans les bois, affiche moins 80 à 90 mètres et fut d'abord exploré par le club de Vallauris, puis l'Aven Club de Grasse avant d'être repris il y a peu par le Garagahl et le Martel pour des travaux au fond. Il est entièrement équipé donc, comme le disait la pub des années 80 pour les dragées du même nom : "Fuca, yapluka !". 





 L'idée n'est donc pas de se faire chier mais de découvrir cette cavité et de voir l'avancement du chantier de nos confrères.

Rencard est donné à 9h sur le grand parking de la station de l'Audibergue. Comme souvent, le TSV (Trio Spéléologique de Vence) est en avance et on démarre tranquille avec un café au bar. Dixit le Président, il faut 20 minutes de marche pour atteindre l'objectif; sauf que Dada n'a pas mis les pieds dans le coin depuis quelques semaines, se goure de piste, et cela se transforme en 35 mn de balade dans les bois avec le barda. Le temps de s'équiper et il est 10 heures lorsqu'on commence à descendre; bien espacés les uns des autres car il pleut vite des cailloux : situé dans un vallon qui voit visiblement passer pas mal de flotte il s'agit en fait d'un embut à éviter en cas d'orage.

Un P10, un méandre bien humide plus une succession de ressauts et beaux puits de 10 et 15 mètres : on atteint vite fait le fond. Malgré un équipement à l'économie fait de cordes un peu courtes dont une avec un nœud en plein milieu, des sorties de puits parfois étroites et un passage un poil acrobatique avec une vire molle à l'horizontale, il n'y a rien de bien méchant. Cet aven porte assez mal son nom en fait : le transit est bon et il ne tache pas trop le fond des combis !

Jérôme, qui aime de plus en plus son petit confort, se demande, admiratif, comment nos collègues des clubs voisins peuvent recruter des gens pour bosser au fond. Il est vrai que 2 ou 3 barreaux de plus, des cordes plus généreuses et quelques aspérités en moins rendraient la cavité bien plus accessible, notamment pour se coltiner du matos.

II n'est pas 11h30 quand on touche le fond (au GSV on a l'habitude de toucher le fond, on nous le répète assez souvent...), où les travaux n'ont pas des masses avancés d'après Dada qui l'avait visité un mois plus tôt. Le Président est déçu : on ne peut descendre plus bas vers le joli et étroit méandre qui va nécessiter un sérieux recalibrage. Décision est prise de remonter pour déjeuner en surface. Du coup Jérôme et moi, nous sommes bien emmerdés à trimballer nos kits qui, comme d'hab', s'accrochent partout, en faisant gaffe à la demi bouteille de côtes-du-rhône (nous ne sommes que trois, je rappelle...) et aux succulentes chips d une célèbre marque bretonne qui cartonne en ce moment. En même temps, sans ces kits de merde,  nous serions descendus et remontés encore plus vite.

A 12h10 nous sommes sortis et on profite de notre pitance au frais dans le vallon de Canen avec les denrées mentionnées plus haut, descendues et remontées en parfait état, le pinard étant du coup à température de cave.

Comme il est encore tôt on décide de retrouver l'aven Canen situé à proximité et quelque peu délaissé également par les spéléos. Nous retournons aux charrettes pour nous délester de l'équipement car une nouvelle promenade s'annonce, sous une bonne température et avec toujours aussi peu d'infos de localisation. Jérôme télécharge sur son téléphone des coordonnées du site participatif GrottoMap et les croise avec la carte Topo IGN : elles correspondent à peu de choses près. Le Président, qui l'a visité juste après la Libération, se rappelle qu'il y avait "des gros cailloux et des buis, à côté d'un chemin" : avec ça, on est vachement aidés. Finalement, nous trouvons l'aven très exactement de l'autre côté de la piste, à l'opposé de l'endroit pointé par GrottoMap et IGN : oubliez la tech et les applis à la noix, et misez plutôt sur un vieux président de club qui a une boussole pas trop rouillée à la place du cerveau !

Nous pointons soigneusement le trou au GPS (son marquage J3 est toujours visible) et nous nous promettons d'y descendre une autre fois,

Cette sympathique sortie spéléo/rando se termine vers 15h30.


Francis




14 juin 2026

Reprise en main au Beaulieu

Participants : Daniel, Jérôme, Mathieu
TPST : 8h00


Empêché de spéléo verticale depuis deux mois suite à un sérieux accident à la main droite, j'ai demandé à notre ami Mathieu (référent fédéral dans tout ce qui est spéléo-secours, certificats médicaux, déclarations d'aptitude à la masturbation cavernicole, etc.) s'il ne serait pas possible de se faire un aven pas trop profond histoire de tester ma main fraîchement rééduquée. "J'ai exactement ce qu'il te faut" me répond-il, "le Beaulieu à la Moulière". Je hoquète en mon fort intérieur : l'aven Beaulieu est l'un des plus profonds des Alpes-Maritimes. "On se fait juste un petit moins 140 mètres jusqu'à l'actif, histoire de te dégourdir la paluche !" précise-t-il. Je garde un plutôt bon souvenir de ce trou (fait deux ou trois fois, mais pas jusqu'au fond) et même si je n'ai pas tâté beaucoup de corde depuis le début de l'année, je dis banco. Le Président nous accompagnera dans cette sortie post-opératoire, mais il laissera à Mathieu le soin d'équiper la collection de petits puits jusqu'à la cote moins 139.

Dada et moi covoiturons pour être à la Moulière à 9h30. Mathieu nous y rejoint à l'heure pile. Temps splendide et fraîcheur pré-caniculaire sont au rendez-vous. On s'équipe fissa et à 10h Mathieu s'enfile dans le trou. Nous trimballerons trois kits de corde. Dada, d'humeur joyeuse, nous rebat les oreilles avec sa re-découverte de l'aven en 1978 (le club de Beaulieu n'en avait exploré que 30 mètres en 1974) : lui et Gilles Charles ont enchaîné les premières jusqu'à la cote moins 300, laissant plus tard le soin aux spéléos de Beaulieu et de Grasse de pousser jusqu'à moins 450 mètres et de plonger un ou deux siphons. "Ah, c'était le bon temps des échelles métalliques et de l'acéto, nous étions jeune et vigoureux !" fanfaronne le Vénérable.

Nous descendons tranquillement le P20 d'entrée à la suite de Mathieu qui équipe très fédéralement mais à un rythme de sénateur socialiste à la retraite. Le Beaulieu n'est pas spécialement très décoré mais il présente au fil des puits et des salles d'agréables concrétionnements. A la cote moins 43 nous atteignons la tête du puits de la Vire, un P9 tout ce qui est de plus banal mais que des psychopathes ont équipé de telle sorte que la sortie soit la plus chiante possible. Effectivement, c'est lisse, étroit et bas de plafond. Tiens, je ne me souvenais pas de ce truc-là. Si je l'ai déjà remonté deux ou trois fois sans me rappeler avoir souffert c'est que ça ne doit pas être la mer à boire (ou alors que j'ai un début d'Alzheimer). Nous verrons bien au retour. Le départ de puits donne un avant-goût de ce que sera le retour et c'est tellement étroit que la lampe de mon casque accroche l'amarrage, se déclipse et va valdinguer 15 mètres plus bas. Le Président, moqueur, se propose pour aller récupérer l'engin au moyen d'une corde, engin qui éclaire toujours malgré la chute, ce qui facilite les recherches de Dada.

Nous dévalons ensuite quelques ressauts pour déboucher dans la salle de la Sirène : une concrétion immaculée d'une trentaine de centimètres de haut évoque effectivement une sirène aux longs cheveux et à la queue de poisson caractéristique. "Elle a un peu les nichons de travers" constate le Président qui est aussi critique d'art à ses heures. Une enfilade de méandres plus ou moins étroits mais dont la répétition casse les pattes nous amène à la salle du squelette ainsi nommée parce que Dada et Gilles Charles y ont trouvé des ossements de bestiole. "Vous vous êtes pas trop cassé le fion pour le nom" grince Mathieu, cet amoureux de la langue française et des appellations incontrôlées. Cette salle est la plus vaste de l'aven et invite à la pause. Ca tombe bien, il est midi. Comme il s'agit d'une sortie de reprise thérapeutique, le docteur Mathieu a proscrit l'alcool. Curieusement, même le Président ne rechigne pas à cette abstinence momentanée. Personnellement j'ai joyeusement piccolé jusque tard la veille, donc je ne ressens pas le besoin de pinard. Du coup, on graille assez rapidement et plutôt silencieusement. Y a pas à dire, l'eau de la gourde ne porte pas spécialement aux discussions égrillardes qui font d'habitude le charme des sorties arrosées du GSV. Nous descendons ensuite un P14 et un P7 qui nous conduisent à la salle du miroir ainsi nommée parce que 67 cm² des restes d'un miroir de faille brillent comme du mica. Le spéléologue des années 80 se contentait de peu... Mathieu me fait remarquer que le dernier kit de cordes est presque vide, ce qui signifie la fin prochaine de la descente. Jusqu'ici ma main droite a assuré un service tout ce qu'il y a de plus normal, ce qui est rassurant pour l'avenir. Au bas d'un P10, un passage étroit dans lequel le Président rampe à reculons en soufflant comme un phoque me coupe l'envie de descendre les derniers mètres jusqu'à la cote moins 139. "Les gars je vous attends là, j'ai eu ma dose de méandres et de chatières !" informè-je mes compagnons qui s'en tartinent le fondement et vont de l'avant. Du coup je prépare ma remontée et enfile mon bloqueur de pied. Mais un faux mouvement envoie mon jumar et ma pédale quatre mètres en-dessous au fond d'un entrelacs de roches biscornues et rébarbatives. Moi qui voulait éviter la dernière étroiture je me retrouve à chercher mon chemin dans ce chaos infernal pour récupérer ma précieuse poignée. Avec force contorsions et jurons, j'ai moi aussi fini par presque atteindre la cote moins 139, mais par un autre passage...

L'heure tourne et il est temps de remonter. Dada passe le premier avec interdiction de nous perdre (je vous avais dit que le Beaulieu est assez labyrinthique ?) et Mathieu ferme la marche en déséquipant. On se remange la séquence de méandres et d'étroitures après la salle du squelette, ce qui assèche sérieusement les forces qui me restent. Ma main proteste de façon lancinante contre les appuis répétés pour s'extraire d'endroits scabreux. Puis vient l'ascension du puits de la Vire à la sortie acrobatique. Je contemple le Président. "Tu fais comme moi et tu sors les doigts dans le nez" dit-il en faisant le grand écart, suspendu comme une chauve-souris au plafond et glissant sournoisement sur le bombé de calcite qui donne son charme à ce puits de merde. Je décide de faire à ma façon car Dada gémit et râle beaucoup trop à mon goût pour "les doigts dans le nez". Je n'ai aucun souvenir de la manière dont je me suis extirpé de ce piège à cons mais ce qui est sûr, c'est que j'y ai laissé mes dernières forces. Il reste une quarantaine de mètres jusqu'à la surface et ils vont me paraître longs, très longs. D'autant que mon bloqueur de pied chinois a décidé de se mettre en carafe. Il est 18h quand je sors exténué du trou, talonné par Mathieu frais comme un gardon. Tu parles d'une sortie de reprise dans un aven pas profond !

Mais une fois passée la mauvaise humeur ("non mais quel trou de merde ce Beaulieu, vous pouviez pas le calibrer correctement, non, bande de branquignols ? Dire qu'ils s'y sont mis à plusieurs clubs pour explorer ce truc, etc. etc.") et la fatigue, je dois reconnaître que l'exercice était salutaire et que ma main droite n'a pas eu à s'en plaindre, mis à part quelques raideurs. Tiens, à propos de raideur, il faut que je vérifie quelque chose avec ladite main droite...

Jérôme



    


12 avr. 2026

Petit Agneau Pascal

Participants : Daniel, Alexei, Yannick, Sacha , Francis

TPST : c'est relatif, 5h30 pour le Président entré le 1er et sorti le dernier et une moyenne de 4h pour les autres


Respectueux des traditions, le GSV fête Pâques un peu en décalage avec une sortie à l'aven du Petit Agneau; N'étant pas des séminaristes convaincus il faut préciser que l'objectif était surtout de parfaire l'expérience de Yannick et de son fiston qui s'excluent souvent de sorties un poil techniques. Nous comptions sur Notre Petit Jérôme pour les coacher mais cet éminent bricoleur du dimanche ayant, la veille, bien bousillé sa dextre en tripotant un ventilo (il sait bien pourtant qu'il y a mieux à faire avec une main droite), c'est donc à 5 et non 6 que la partie va se jouer.

Le rencard est à 9h30 dans les bois de Saint-Vallier au milieu de nulle part (encore merci au pointage GPS de Jérôme dont le smartphone est bien moins dangereux qu'un ventilateur heureusement !). Déja arrivés ? Que nenni, on redémarre les voitures et on suit comme on peut le Président sur les pistes cabossées à travers le plateau. Entre 2 grincements j'appréhende le bruit annonciateur de l'élément qui lâchera sous ma voiture à force de cahots; amortisseurs et pneus se vengeront un de ces jours, c'est sûr ! Un kilomètre selon le Vénérable et 2.2 mesurés par Alexei, pour ma part j'ai eu l'impression de faire 5 bornes…

On s'équipe vite fait et on se tape l'incroyable marche d'approche de 5 minutes sous les phares réprobateurs de nos chignoles. Ensuite on fait bien gaffe à la manœuvre pour dégager le grooos caillou posé en équilibre sur du branchage à l'entrée du trou. C'est qu'il serait capable de choir et de bloquer le passage ce machin ! Dada entame la descente pour équiper, suivi un moment après par Alexei, un autre explorateur tout-terrain, chargé de veiller sur le jeune Sacha pour la descente du P25, notamment les 3 premiers mètres plutôt étroits (mais à la descente ça va toujours mieux, on le sait…).



Yannick suit son fiston et je fais la voiture-balai comme souvent, après avoir échangé quelques mots avec des promeneurs tout étonnés. Yannick s'inquiète, à raison, des craquements issus du fondement de sa combinaison (un bleu de travail à peine renforcé). Qu'il est beau ce P25 ! En bas, un joli palier nanti d'un balcon superbe est accessible grâce à une main courante installée par le Président (il a eu largement le temps...). On le visitera au retour car on a un peu glandé. S'en suit un P12 et un P10 avec pour seule difficulté un fractio doté d'une plaquette branlante, donc à ménager autant que faire se peut… Yannick ne sait plus où donner de l'objectif parmi les magnifiques concrétions qui nous entourent.

































Malgré l'heure tardive on décide de laisser nos kits avant le P10 et d'y revenir pour déjeuner, l'endroit étant sec et confortable. Un dernier coup de descendeur et nous voilà presque au fond, plantés dans une boue à y laisser ses bottes, contemplant de loin la suite quasi inaccessible dans toute cette bouillaque; d'autant que les appuis sont rares si l'on ne veut pas détruire les magnifiques concrétions de l'endroit. L'oeil égrillard, Yannick me sussure que le splatch splatch  de nos mouvements dans la boue lui rappelle l'une de ses ex (le G de GSV veut aussi dire "Gaudriole"). On grattouille nos bottes comme on peut pour éviter de trop pourrir les cordes et le matos à la remontée. Direction la tête du P10 où l'on retrouve un Sacha tout chafouin qui râle après son baudrier tchécoslovaque qui lui cisaille les roupettes : un réglage à faire peut-être ? Yannick nous confirme qu'il a bien bien explosé le fond de son bleu et donc n'ose pas s'assoir pour manger de peur de prendre l'humidité par le bas; son fiston n'est guère mieux et ils forment donc la paire qui déjeune debout, avec un courant d'air dans l'oignon. En panne de pinard (si, si, ça arrive, je n'ai qu'une 1/2 bouteille à ouvrir) et Yannick ayant oublié son rhum arrangé surprise, on déjeune donc sobrement. Sans Jérôme pour veiller à l'approvisionnement (le règlement intérieur du club préconise une demie bouteille de rouge par personne au minimum), le GSV partirait vite à la dérive. Alexei, qui se caille sérieusement les meules, entame la remontée, chargé une fois encore de piloter le cadet de la bande. Ce dernier engueule de suite son père qui ne lui tient pas assez bien la corde à son goût pour faire coulisser le crolle : la remontée va être épique ! Yannick suit en regrettant ses libations de la semaine passée. Plus haut on entend à nouveau le rejeton couiner comme quoi il n'arrive pas à sortir. Il faut toute la patience, le calme et la pédagogie de notre ami Alexéi pour que le môme franchisse l'étroiture verticale de sortie. En attendant en bas je visite le palier, le balcon et papote avec le Président qui en profite pour refaire aussi un tour du propriétaire. Un peu plus tard j'ouïs Yannick s'exclamer qu'il n'arrive pas à passer. Je me doutais bien que ces 3 mètres de chatière allaient nous emmouscailler... Mais mine de rien père et fils se sont joués du fractio sans s'en rendre compte, signe que le métier rentre. Par précaution, j'ai demandé à faire remonter mon kit avant le passage scabreux et j'ai bien fait : le P25 c'est de la rigolade à coté de ces 3 saloperies de mètres. Déjà que mon kit s'était entortillé dans mon bloqueur de pied dans le vaste P25 je n'imagine même pas ce que ça aurait donné dans le rétrécissement fatidique. Quand je sors la tête hors du trou je m'aperçois qu'Alexei poireaute depuis 1h30 ! Coup de bol pour lui, la météo est juste comme il faut malgré les nuages. Dada débouche peu après, sans aucun effort, en expert des étroitures qu'il est.


Voilà encore un aven spectaculaire mais qui se mérite. Remercions Yannick et son appareil magique pour ces photos incroyables. On referme et protège bien comme il faut l'entrée du trou et on est repartis pour une longue marche de 5 minutes. Avant ça, Alexei nous montre une cavité découverte il y a peu, à portée de sarbacane. Avec ses plus de 500 trous déjà répertoriés le secteur en propose encore ! Après déséquipement Yannick en arrive à la conclusion que son bleu est foutu et qu'il doit prendre au moins une taille de plus pour le prochain safari. Sacha, un poil désappointé, décide sur le moment de réduire sa participation aux sorties compliquées mais malgré tout de laisser encore une chance à son baudrier avant d'en changer. La fois prochaine il faudra que les encadrants lui règlent correctement le machin. A la maison le nettoyage du matos promet d'être sympa : même poids qu'à l'arrivée, la boue ayant remplacé la bouffe et la boisson. Puis nous nous payons un dernier coup de Rallye Dakar pour rejoindre le goudron… Arrivé chez moi, la première chose que j'ai faite c'est de compter mes enjoliveurs…


Francis

(avec les photos de Yannick)

 

1 mars 2026

Encore deux à Roquefort-les-Pins

Participants : Daniel, Francis
TPST : 5h à la louche


Fred lui ayant fait faux-bond pour le traditionnel dézobage dominical au Mardaric, Dada nous a concocté une double visite dans les bois de Roquefort : l'Aven Emile et l'aven de la Tirelire.

Comme d'habitude pour ce secteur, rendez-vous est donné à 9h Chemin du Debram mais avec une variante : le parking se fera à l'autre bout du chemin. Résultat : un parcours dans le dédale des rues du secteur pavillonnaire; on redit bonjour au promeneur à clébards qu'on avait croisé de l'autre coté ! Ça à l'air ballot mais, au final, on ne s'est pas tapé des heures de marche tout équipés. Le Président sait s'économiser…

Du coup, l'Aven Emile, retrouvé en décembre 2025 après des années de recherche, n'est qu'à 10 minutes à pied. Mais il faut le sens de l'orientation du Vénérable pour faire le tri entre tous les chemins possibles… Le temps de dégager l'entrée (grille, solides branches et camouflage), et nous voilà partis à parcourir l'aven. On descend, on remonte, on se faufile dans les méandres, on redescend, on remonte, etc. Au fond d'un puits et à l'entrée d'une suite possible, Dada récupère le collier, la cloche et le crâne d'un pauvre clebs tombé là il y a belle lurette car le numéro de téléphone inscrit sur la médaille ne mentionne que 8 chiffres. Si son ou sa propriétaire n'est pas mort(e)  de chagrin à cette occasion, il ou elle est probablement décédé(e) depuis !


Comme notre expert photos Yannick n'est pas de la partie, je m'y colle avec mon smartphone low-cost et un éclairage insuffisant. Bien évidemment la moitié des images sont justes bonnes à jeter et pour le reste il vaut mieux oublier le zoom pixellisé... C'est dommage car il y a de vraies belles concrétions là-dessous avec de la jolie calcite bien blanche et brillante. 






Dada en profite pour changer une corde et, à l'endroit de son dernier arrêt, pour poser un amarrage ce qui nous permet de prolonger un peu la reconnaissance de la cavité. Il prévoit aussi quelques aménagements complémentaires pour faciliter les déplacements futurs pour travaux… Le trajet dans les boyaux est souvent boueux et on ressort bien cradingues vers 11h30. Pour l'estomac présidentiel, réglé comme un coucou suisse, c'est un peu tôt pour déjeuner; mais le ciel est couvert et sans le soleil on a vite fait de se cailler après avoir transpiré un tantinet. Qu'à cela ne tienne, on attaque la pitance. Dans la foulée je débouche la fillette de Médoc 2022 prévue pour les sorties en très petit comité (à deux, quoi). Cette fois, j'ai pris bien soin de ne pas oublier le tire-bouchons, NPJ (Notre Petit Jérôme) n'étant pas là pour compenser mes faiblesses neurologiques. Le Président quant à lui sort son café pour terminer la pause.

Un court trajet nous amène vers le second aven : la Tirelire. En chemin Dada me montre le X1, le Q1 et d'autres tous bien prometteurs… Un ressaut de 2 mètres et un petit méandre précèdent un P12 avec un fractionnement un peu acrobatique, sauf pour ceux qui ont des grandes jambes. On explore vite fait cette cavité bien moins jolie que la précédente.  A entendre souffler l'expert sur la remontée du P12 et le passage du fractio, je m'inquiète un peu : si lui en chie qu'est que cela va être pour votre serviteur ! Et effectivement, malgré un passage tranquilou du fractio proprement dit je commets l'erreur du crétin et ré-accroche mon crolle sur le mauvais brin de la corde qui pendouille et me retrouve donc bloqué quasi sur le nœud de l'amarrage, ayant à peine entamé la remontée. Quel abruti ! En plus l'Ancien, qui surveillait son padawan en balsa, m'avait dit trouver bizarre ma configuration… A se mettre des baffes quoi. Résultat : au moins 20 minutes à tenter de débloquer ce Petzl récalcitrant… Appui sur la pédale, tractions, contorsions, branlette du crolle, rien n'y fait. Dada redescend même pour me tracter et soulager la tension : que dalle. Pas de panique néanmoins, et finalement je pense, mais un peu tard, à prendre appui sur la boucle de la corde, ce qui soulage suffisamment la tension pour enfin libérer le crolle. C'était simple pourtant mais il faut beaucoup de pratique pour avoir ces réflexes. Je n'oublierai pas cette leçon !

La sortie, un peu chiante en cas de fatigue (on se demande bien pourquoi…), est agrandie quelque peu par le Président qui finit la batterie de son perfo. Fixation de la grille (ça rigole pas), branches, camouflage et on décarre vers 15h30. 




Tous le matos finit dans des grands sacs poubelles : faut pas trop salir la bagnole. La sauterie se termine vers 16h. Enfin presque, car le nettoyage promet d'être long !

Francis