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20 sept. 2026

Le Club des Cinq à l'aven Zorro

Participants : Daniel, Jérome, Olivier, Yannick, Francis
TPST : 8h ou pas loin

Le rendez-vous est à 9h au villlage de Caussols pour découvrir cet aven qui doit son nom au masque caractéristique du loir, petit animal croisé le jour de la découverte du trou par Alain Gomez, le local de l'étape. Voilà un moins 135 m propice à éclater sûrement le record de Yannick et peut-être d'Olivier qui a repris depuis peu l'activité et ne se souvient plus de ses exploits. Fabien a décliné l'invitation car il avait piscine ou plus probablement les jetons de se frotter à Zorro. Bien lui en a pris car l'entreprise a duré plus longtemps que prévu, et on n'était que cinq !

Au départ nous devions faire l'aven de l'air chaud à Saint-Vallier avec ses -240 m mais les multiples petits puits à équiper ont dissuadé le Président qui ne voulait pas passer 18h sous terre !

Arrivé en tandem avant tout le monde, Le Président et son fidèle bras droit Jérome se réchauffent avec un café à la boulangerie, très bien située et pourvue d'un grand parking. La bande est au complet 5 minutes avant l'heure. Le temps de refaire le monde et de s'organiser pour réduire l'escadre à 3 voitures, on décolle 20 minutes plus tard. Quelques minutes de route, quelques minutes pour se garer au cordeau car la place est effectivement très limitée, quelques minutes pour s'équiper, quelques minutes de marche d'approche, quelques minutes pour dégager le trou et enfin quelques secondes pour se répartir les 3 kits de corde :  il est dix heures et des babioles quand le Président attaque l'équipement du Zorro.


S'en suit une succession de puits (moins nombreux qu'à l'Air Chaud donc plus rapidement équipés par Dada), un beau méandre de 30 m bien calibré jadis par le même Dada mais quand même bien chiant avec les kits. Ce passage n'a l'air de rien mais est bien merdique pour les néophytes, ce qui nous fait perdre un peu de temps. Nous voila vers 12h30 à la base du P18 à la cote -115, lieu de la ripaille du jour, équipé de toilettes (pipi seulement, le Président ayant formellement interdit popot...).


Comme d'habitude au GSV chacun a amené de quoi égayer le repas (sandwichs ou gamelles light à la base) avec arrosage au moyen d'un Médoc 2020 (Château Amour, la spéléo c'est que de l'amour !) mais aussi avec de la prune hors-d'âge et de la myrte corse distillées par Yannick et Olivier, grands amateurs de produits bio.






A cinq la bouteille de rouge ne nous fait pas grand mal et on fait un peu gaffe aux doses d'alcools plus costauds pour s'assurer une remontée sereine. Le temps d'éponger un peu tout ça et on part découvrir (sauf pour Dada et Jérôme évidemment) la suite de la cavité. A partir de là c'est de la boue et encore de la boue dans la quelle on trimballe notre matos, "des fois que" selon le Président qui a probablement surestimé sa résistance aux douceurs ingurgitées précédemment. Bref, après quelques boyaux, on atteint les -134 m pour Dada et -133 pour les autres.

A force de contorsions je lâche un vent propice à la méthanisation du lieu et c'est Jérôme qui ayant le rôle de serre-file profite du bouquet, puisque le conduit est du style soufflant...  Il me démasque rapidement et me demande si je n'ai pas bouffé au Père Lachaise la veille. Il n'est pas rancunier mais joueur et donc propose de rester derrière moi pour le retour afin d'avoir l'occasion, lui aussi, de profiter du sens de la ventilation pour se venger bassement. Tout cela ressemble un peu au gazage de blaireau dans son terrier.

Après presque une heure de barbotage gluant, on retrouve avec joie notre salle à manger; avec l'aide des deux jerricans de flotte judicieusement placés là, on nettoie comme on peut notre matos pour attaquer la remontée. Profitant d'une corde encore propre, Yannick part comme une flèche, suivi d'Olivier qui se crame assez vite à se battre avec son bloqueur de pied qui ne bloque rien, gadoue oblige !

C'est vrai qu'avec du matériel bien boueux, faut souvent s'y reprendre à 2 fois avant que cela crante, perso j'en chie avec mon croll Petzl ancienne version. Certains puits paraissent interminables. On aurait décidément pu s'éviter la partie boueuse, sans grand intérêt par ailleurs si ce n'est que de descendre encore plus bas !

Heureusement au GSV on se serre les coudes, donc chacun à son tour tend la corde pour faciliter la grimpette du précédent à l'attaque du puits suivant. La répartition des kits se fait au fur et à mesure du déséquipement et on entend alors râler ceux qui héritent des fardeaux les plus lourd dans les passages un peu techniques ou étroits.

Il est 17h50 quand Dada sort en dernier du trou, une heure plus tard que ce qu'il avait prévu. Bien fait pour lui, il n'avait qu'à pas nous traîner dans la boue.




Grille et branches sont remises en place : la cavité est protégée. Retour rapide aux voitures, transfert des affaires dans des sacs poubelles pour éviter de pourrir lesdites voitures et chacun regagne ses pénates.

J'y repense maintenant : on avait évoqué une petite reprise de myrte et/ou prune à la sortie pour célébrer les records de profondeur pour Olivier et Yannick. Ce sera pour la fois prochaine.


Francis

(avec les photos de Yannick et d'Olivier)


23 août 2026

Aven de Canen

Participants : Daniel, Jérome, Yannick, Sacha, Francis
TPST :3h30

Après avoir redécouvert à moitié (on verra plus tard l'explication...) l'aven Fuca le dimanche précédent et repointé l'aven Canen dans la foulée, le GSV s'est donc fixé comme objectif la revue du second; je complique les phrases sciemment pour entraîner vos neurones potentiellement atrophiés. Cette fois, l'incontournable trio est complété d'un expert de l'alambic (je dis bien UN car ils sont nombreux dans cette catégorie au GSV) et de son courageux fiston. Les autres avaient piscine...

Rencard à 9h30 à l'Audibergue : tout le monde est là à 9h, c'est dire la motivation des gaillards !

Le petit café au resto à coté pour bien profiter du confort du lieu et c'est parti pour les 20 mn de marche sur une bonne piste dans les bois. Cette fois on y va direct, sans une seconde d'hésitation. Il est 10 h moins des miettes (celles des viennoiseries amenées par l'Expert es distillation) quand on arrive sur place .




Le temps de dégager les branches qui protègent l'entrée et de se changer, le Vénérable attaque l'équipement du puits à 10h30. Il râle car les amarrages ne sont pas comme il voudrait et sa corde de 30 m pour un puits de 21 s'avère un peu juste. En maniaque de la sécurité, il a ajouté une main courante à l'entrée et le regrette un peu... Bref une demie heure plus tard le reste de la troupe, qui a eu bien le temps de s'équiper, attaque la descente, Jérôme en tête pour vérifier le boulot du Président (la confiance n'exclut pas le contrôle c'est bien connu...) et piloter le cadet de la bande, le jeune Sacha. Votre serviteur suit pour guider un peu Yannick. Le père et le fils ont manqué pas mal de sorties au profit de batifoleries culinaires arrosées, alors on les surveille de près.

Un beau puits, un petit méandre, une transition un poil technique, un second superbe puits et on débouche dans la galerie en pente à -50 m environ. Tout le monde est en bas à 12h15.

Plus de cordes dispos donc on n'ira pas visiter le fond à -62m, via le ressaut qui s'ensuit.



On prend le temps de visiter le haut de la galerie en se cramponnant comme on peut car c'est bien casse-gueule : de la boue qui colle mélangée à un pierrier merdique qui aurait vite fait de nous envoyer un peu trop bas dans le trou ! Avec une corde de 20 m en plus sous le coude on aurait été plus tranquilles.

Qu'importe, c'est le moment de jaffer (clin d’œil à Jérôme qui se relit tous les San-Antonio depuis le début) et le top départ est donné avec le débouchage sonore de la bouteille de rosé, bien frais, amenée par Jérome devenu maître dans l'art de trimballer sans casse le précieux liquide quelle que soit la cavité.

Hormis le cadet qui dédaigne encore le rosé, se réservant pour le rouge ("avec modération" on dira, des fois que sa mère lise le blog du club...), les autres soiffards ont vite fait d'alléger la bouteille, ceci évidemment pour faciliter la remontée de celui qui la porte car on se serre les coudes (en plus de les lever) au GSV !

Chacun savoure sa gamelle et on se met en condition pour la remontée à l'aide de la vieille Prune de l'ami Yannick (non on ne parle pas d'une de ses roubignolles). Bienvenue est cette douceur car on se caille un peu la dessous. Le flacon est bien attaqué mais on ne le finit pas car on est raisonnableu. Quelques photos puis décollage vers 13 h approximativement (l'effait de la prunnnne cent dhoute...). Le Président cramponne la corde pour la décoller de la paroi et éviter un vicieux frottement (et oui, il n'avait pas prévu assez de dev'), Jérome ouvre la voie, suivi de près par Sacha qui se tape son monté de corde comme pour rire, et sans râler après son baudard qui d'habitude lui broie les noix.



Jérome tient sa position pour guider les suivants et propulse Sacha vers la sortie J'essaie de le rattraper,sans succès. Dada sort en dernier après avoir déséquipé vers heu... le début d'après-midi.

Il est encore frais le bougre et décide avant de virer la combi de visiter le trou qu'on avait trouvé la semaine précédente en cherchant le Canen dans les buis, à 20 m de là. Faut pas craindre de déranger un blaireau pour se glisser la dedans ! Rapide inspection et verdict du vieux sage : à voir si on a le temps...

Retour au parking, pendant que je discute littérature et philosophie avec Jérome, L'Ancien embarque, sans crier gare, les 2 absents du week-end précédent pour leur montrer l'entrée du Fuca.

A peine le temps de déposer le barda dans les voitures qu'une paire de 4x4 s’arrête quasi sur nos pompes et qu'en surgissent précautionneusement d'éminents membres du CDS06 (qui a dit "vieux" ?) qui ont bien évidemment reconnu notre estimable Président.

Les pauvres sont un peu dépités car ils n'ont pas retrouvé leur Pagode !!! On est soulagés quand on apprend que c'est une grotte cachée dans les alentours...

On échange les dernières infos (apparemment de façon plus efficace que lors des réunions prévues à cet effet) et on découvre ainsi que le Fuca ne se termine plus à -90 m mais plutôt à -200 m (d'où le "'à moitié" du début du récit pour ceux qui ne suivent pas). Mieux, la découverte aurait eu lieu 10 jours avant notre visite du week-end dernier ! Stupeur de Dada qui, dimanche dernier, n'a rien décelé, si ce n'est un passage stretch dans l'ancien méandre terminal et pas d'amarrage visible; sûr, il va aller aux renseignements fissa auprès des responsables. D'autant que la suite décrite est plutôt choucarde : un P30 suivi de près par un P70 qui se termine dans un lac assez profond et plus loin un boyau semi-immergé,

avec le courant d'air puissant qui va bien. Z'ont bien bossé les courageux et sveltes défricheurs du Garagahl et du Martel. Bref, peut-être un retour au Fuca dans pas trop longtemps....

Sur ces enthousiasmantes nouvelles, on décarre vers 15h30 me semble-t-il (la prune de Yannick, dont nous avons repris une gorgée à la sortie du Canen, a décidément faussé ma perception du temps)



Francis
(avec les photos de Francis et une vidéo de Yannick extraite de son long mètrage "Les débauchés des vaches qui rient")

30 juil. 2026

Aven Roger

Participants : Christophe, Daniel, Denis, Francis, Jérôme
TPST : 5h30

L'aven Roger est un trou dans les bois de Roquefort-les-Pins sommeillant depuis des années dans une indifférence spéléologique totale. Nos amis Christophe et Denis ayant eu le vague souvenir d'y avoir fait de la désobstruction au temps de leur jeunesse, ils ont réussi à nous convaincre d'aller tirer quelques seaux au fond de cet aven actuellement profond d'une douzaine de mètres, leur intime conviction étant que la cavité désobstruée mènerait directement dans la source du Lauron, quelque part après les siphons.



Rendez-vous est donc pris pour ce matin 8h à la bifurcation des routes de Pont-du-Loup et de Roquefort. Francis et Christophe s'entassent dans la fourgonnette du Président avec le gros du matos, dont la glacière de Denis qui contient, entre autres, l'une des deux bouteilles de rosé qui seront sacrifiées lors de cette sortie (la seconde étant de mon fait). Les veinards vont se garer au départ de la piste de la Chèvre d'Or (une seule place de stationnement) tandis que Denis et moi attaquons la grimpette du GR qui rejoint ladite piste au niveau du Castellas où nous attendent déjà les trois clampins, frais comme des gardons. Puis la fine équipe se répartit les bagages direction le trou, quelques dizaines de mètres plus haut dans le sous-bois. La température reste supportable et l'aven a l'air bien frais. Dada confectionne un noeud de mickey parfaitement fédéral avec sa corde de quinze mètres puis installe la poulie-frein qui nous permettra de hisser les seaux depuis le fond. "Jérôme, file-moi ta corde que je la passe dans la poulie-frein !" injonctionne le Président. "Quelle corde ?" tombe-des-nues-je. "Ben, celle que tu devais amener" rétorque l'Invincible, agacé. "Mais tu m'a dis que tu amenais la tienne, du coup j'ai pas pris la mienne" me défends-je. Daniel ronchonne qu'il m'avait dit de l'amener quand même et que c'est quoi ce club de bras cassés, et qu'il est pas aidé et que scrogneugneu. Du coup nous ferons avec une seule corde qui servira à la fois à descendre les deux forçats au fond du trou, et après une rapide manipulation, à hisser les seaux.

Francis et moi nous portons volontaire pour la désob' matinale. Nous descendons avec burins, massettes et barre à mine. Le puits unique est plutôt concrétionné et se termine par un comblement d'argile caillouteux au milieu du quel un beau bloc de 30 kg est à moitié enfoui. Nous trouvons également deux bouts de ferrailles rouillés et deux bouteilles vides témoins des travaux menés par Robert Faivre et un certain Roger au début des années 2000. L'objectif est de dégager le bloc afin que le Président puisse, l'après-midi, y percer quelques trous au perfo pour le fragiliser et le débiter au burin. Francis et moi passons presque deux heures à excaver la glaise collante pour libérer le rocher qui finit par basculer. En haut, Dada remonte les seaux bien lourds avec la poulie-frein, encouragé par Denis et Christophe. Entretemps, le détecteur de CO2 industriel que nous avons descendu se met à couiner et affiche 15000 ppm. C'est sûr que dans l'effort, Francis et moi avons pas mal dégazé. Pour autant nous ne ressentons pas d'oppression ni de difficultés à respirer donc nous clouons le bec à la machine et atteignons midi après avoir renvoyé en surface une papardelle de seaux. Dada retransforme la corde de traction en corde de progression et nous nous retrouvons dehors, bien assoiffés avec le sentiment du devoir accompli.

Les deux quilles de rosé bien frais ne résistent pas longtemps aux gosiers arides du GSV, mis à part notre ami Christophe qui, indisposé, n'y trempera que ses grandes lèvres. Deux bouteilles à quatre, ça a tendance à rendre gai et la discussion roule naturellement sur le bon temps du service militaire où on savait vous former de solides gaillards aux techniques de saoûlographie contrôlée (Dada était en garnison à Strasbourg dans un océan de binouze et de vin blanc tandis que je végétais en Charentes, au milieu du Cognac). 



A 13h, Christophe et le Président descendent au fond. Auparavant Dada m'a expliqué comment défaire le mickey d'amarrage pour passer la corde dans la poulie-frein. Jusque-là ça va. "Et surtout évite de lâcher la corde dans le puits parce qu'on aurait pas l'air cons pour remonter" persifle le Grand Homme. Non mais il me prend pour qui ? Et bien pour ce que je suis : un handicapé du noeud ! J'arrive à peine à nouer les lacets de mes chaussures, alors les noeuds de huit, les "queues de vache" et autres noeuds de chaise me passent bien au-dessus. Du coup un doute ma bite : "Dada, qui c'est qui va refaire le Mickey quand vous voudrez remonter ?". Car il faut être clair : Francis, Denis et moi qui sommes restés en haut, constituons une véritable ADAPEI du noeud. "T'occupes, on verra plus tard" évacue le Président qui attaque déjà son bloc au perfo. Je me mets en position de traction sous la poulie-frein à la tête du puits et commence à passer les seaux à Francis posté à l'entrée du trou qui les passe à Denis au-dehors. Nous évacuons ainsi 19 seaux de roche et de glaise avant que la clameur monte du fond : "ça suffit on remonte !" suivi de "démerde-toi pour nous faire un mickey, parce que j'ai envie de chier !". On ne peut rien refuser à Dada quand il s'exprime aussi aimablement. Comme le hissage des seaux m'a aidé à éliminer le rosé, mon cerveau passe la surmultipliée et en quinze secondes montre en main, je confectionne un Canada-Dry de noeud de mickey : ça ressemble à du mickey, avec ses deux grandes oreilles, c'est presque aussi sécure qu'un mickey mais c'est pas du mickey. Inutile de me demander comment j'ai pu bidouiller ce truc (que nous n'avons pas osé photographier pour ne pas avoir de problèmes avec la Féderation Française de Spéléologie) et si j'arriverai à le refaire un jour. Toujours est-il que la corde est parfaitement centrée au milieu du puits. Je recommande à Dada de monter en premier car il pourra au moins refaire un vrai noeud de mickey pour Christophe.

Notre intrépide Président commence à grimper, et je constate avec désappointement que mon gloubi-gloulba de noeud se déporte vers l'un des deux amarrages, entraîné par le poids présidentiel. L'avantage c'est qu'il n'ira pas plus loin que l'amarrage, l'inconvénient c'est que la corde se retrouve du coup beaucoup moins bien centrée. Dada sort du puits et jette un regard admiratif à mon oeuvre qu'il interprète ainsi : "en fait tu as enquillé trois boucles qui se sont bloquées les unes les autres entre les deux "oreilles" et qui ont fait ce gros pâté de merde. Ben comme ça a tenu pour moi, ça tiendra pour Christophe !". Et le président de partir chier en catastrophe dans les bois, me laissant face à mes responsabilités d'inventeur de noeud, tenant la vie de Christophe entre mes doigts maladroits. Lequel Christophe s'en fout royalement et termine sa grimpette décentrée un peu plaqué sur l'une des parois. Il se contente juste de remarquer perfidement : "maintenant que ta merde est serrée à mort, bon courage pour la défaire...". Il est 15h30.



Résultat des courses : Dada a réussi à défaire mon noeud sans problèmes, noeud que Denis a finement baptisé "le noeud de rosé" car conçu en état de quasi-ébriété par votre serviteur. De cette belle journée à l'aven Roger il résulte que :

- l'extraordinaire épaisseur de glaise à excaver sera à réserver aux générations futures;

- le rosé glacé a toujours meilleur goût dans les bois surchauffés;

- le "noeud de mickey" peut être remplacé par une solution alternative un peu moins fédérale et qui est susceptible de provoquer un AVC chez notre référent FFS Mathieu, absent aujourd'hui pour cause de congés.


l'inventeur du "noeud de rosé"


Jérôme






8 févr. 2026

Fondue savoyarde 2026 à la Mescla

Participants : Daniel, Jérôme, Mathieu, Francis, Pierre, Lemmy, Yannick, Sacha, Fabien
TPST : 7h
 

Mathieu ayant plus ou moins récupéré ses facultés (c’est-à-dire dans la limite de celles que lui impose son âge désormais bien avancé), la sortie initialement prévue il y a deux semaines et reportée pour cause d’absence du principal intéressé (quand on lui disait que c’était pas une bonne idée de fêter son anniversaire en avance) a pu avoir lieu ce dimanche, avec au programme la traditionnelle fondue de début d’année, ainsi que le soufflage du nombre important de bougies du compère Mathieu. Première sortie pour moi avec ce groupe sympathique dont j’ai fait la connaissance il y a quelques semaines à peine. On m’a informé que la tradition voulait que le nouveau rédigeât le fameux compte-rendu de sortie (j’ai l’impression de m’être fait couillonner quelque part quand même…). Dont acte.

Mon GPS ayant lâchement surestimé le temps de trajet (à croire que les gens du coin doivent stagner à 90 sur la 2 x 2 voies, pour ainsi l’induire en erreur), c’est donc avec un peu d’avance que je parviens au lieu de rendez-vous, rapidement rejoint par Francis, puis Yannick et Sacha, que je n’avais pas encore eu l’occasion de rencontrer, et dont je fais ainsi la connaissance. Chacun arrive ensuite assez rapidement, y compris notre motard en auto de Jérôme, à peine le temps de médire de Pierre (qui devrait arriver seulement une fois l’apéro servi…) que celui-ci nous rejoint, accompagné de Lemmy. 10h30, tout le monde est au complet. Serrages de louche et mains aux fesses, on est contents de se retrouver et on se prépare rapidement avant de se mettre en route. L’occasion d’admirer la tenue flambant neuve de Petit Pierre, on comprend que le papa, fier de son mouflet, s’est fait plaisir sur le coup. Suite à un quiproquo, Dada n’a pas prévu de harnais pour moi. Qu’à cela ne tienne, le Président est un homme pragmatique et d’expérience qui ne s’en laisse pas compter pour si peu. A partir d’un vieux string, il a tôt fait de me confectionner un équipement tout à fait convenable, et, sinon fédéral, du moins presque règlementaire. Il y a bien une ficelle qui pend, un peu trop courte pour être d’une quelconque utilité, et qu’il faudra que j’assujettisse au moyen d’un nœud pour que cela ne se voit pas trop. Cela me rappelle quand, tout gamin, je montais dans la vieille 104 de mon papa, et que je devais faire à l’antique ceinture de sécurité pétée un nœud parfaitement inutile, mais destiné à convaincre les forces de l’ordre en cas d’éventuel contrôle… C’est ça, le GSV, une ambiance familiale où on se sent tout de suite accueilli.

 
 Jérôme, Mathieu, Francis et votre serviteur (photo Yannick)

 
Pierre avec le fiston dans sa combinaison flambant neuve (photo Yannick)

 

 

  

Nous parcourons une trentaine depuis le parking avant de nous introduire dans la fente au fond de laquelle nous attend la grille rapidement ouverte par Dada. Avec les pluies de ces dernières semaines, la cavité est humide, et il nous faut patauger les premiers mètres. Fort éprouvés, et surtout assoiffés par la soixantaine de mètres parcourus, on décide de servir tout de suite l’apéro. Mathieu a visiblement faim, et s’active immédiatement sur son caquelon, oublieux de l’apéro au point qu’on sera obligé de le réhydrater à plusieurs reprises. Ça frotte et ça frotte, remplissant rapidement la cavité d’une forte odeur d’ail. Une chauve-souris ainsi dérangée par les effluves (probablement un cousin éloigné de Dracula) se sauve en nous faisant des gestes pas sympa avec les doigts. Désireux de ne pas reproduire les erreurs du passé, trois tire-bouchons ont été prévus pour ce coup, et Jérôme peut dégoupiller un magnifique Muscat de Rivesaltes. Malheureusement pour moi, suite à une vieille blessure de guerre la consommation de blanc m’est formellement interdite par le corps médical, et je dois donc décliner et me rabattre sur du très bon vin rouge. C’est seulement une fois le gosier bien chemisé par le rouquin que je peux, sans risque pour ma santé, attaquer sereinement le muscat, très bon également. La table se recouvre rapidement de tout un assortiment de douceurs qui nous permettent de récupérer de l’effort engagé. Mathieu demande toutes les dix minutes s’il peut lancer la cuisson, tandis que Dada s’interroge sur ces étranges petites boules vertes : on lui dit que ce sont des cacahuètes au wasabi, une sorte de moutarde japonaise particulièrement conseillée pour les érections défaillantes. Du coup, le Président finit le paquet...

Mathieu veille (photo Yannick)

 Dada goûte au Muscat

Ma propre contribution au buffet venant un peu plus tard, j’en profite pour jeter un œil alentours et découvrir la cavité que je pénètre pour la première fois. Lemmy est tout excité et suit son propre tempo, disparaissant et réapparaissant dans chaque passage, sous l’œil attentif du papa qui se voit déjà devoir expliquer sa disparition à madame, et décide de sortir une corde quand même par précaution. 

Mieux vaut ne pas trop lâcher Lemmy…

 Je découvre quelques bestioles qui me permettent d’initier mes nouveaux camarades à ma passion pour la biospéologie, et j’indique à Lemmy un petit cloporte entièrement blanc et sans yeux, qui va bien l’occuper pendant quelques minutes. Un peu plus loin, quelques-uns de ces intéressants petits coléoptères cavernicoles, Duvalius ochsi (dédié au biospéléologue Jean Ochs, pardon, c’est pas moi qui fait les noms). La population de la Mescla est même assez particulière : très rare et endémique, elle n’est connue que dans cette seule cavité, et même de cette seule zone d’un peu moins de 20 m², proche de l’entrée et nulle part ailleurs dans le réseau, ce qui lui a valu le doux nom latin de janitor, « le concierge ».

 Alpioniscus feneriensis, petit cloporte cavernicole  (photo Fabien)

 Duvalius ochsii « janitor », coléoptère cavernicole de la Mescla (photo Fabien)

Le saucisson de Francis n’a pas fait long feu, et Mathieu s’active désormais sur sa cuillère en bois pour assurer la pitance de chacun. 

 Mathieu s’attaque à la préparation du fromage (photo Yannick) 

L’odeur du bon frometon imprègne le calcaire millénaire à titre d’avertissement pour les visiteurs du futur. Le caquelon se remplit rapidement de morceaux de pain, sans qu’on visse quelqu’un perdre le sien, au point qu’on en vient à se soupçonner mutuellement. Les bottes, fraîchement rincées à l’eau de l’entrée, n’attende que le coup de langue du gage providentiel. La Providence est bien au rendez-vous, car l’ample provision de pain de Francis parvient malgré tout à apaiser la faim dévorante de chacun. Si nul n’est pris en faute, les morceaux de pains s’accumulent pourtant rapidement dans le caquelon où il y a bientôt plus de pain que de fromage : c'est à se demander s’il n’y a pas eu sa-botte-age ! Les vieux sont repus mais, comme il ne faut surtout pas gâcher, le jeune Sacha en pleine croissance se sacrifie et fait un sort au reste de fondue et à la charcuterie qui va avec. 

Le gâteau d’anniversaire de Mathieu prendra cette année la forme d’une tarte aux pommes fournie par le président, sans les bougies qu’on a bien sûr oubliées. Histoire d’amadouer mes nouveaux amis, j’ai ramené des cookies fait maison, qui disparaissent rapidement. J’ai prévu pour les accompagner une petite bouteille Thermos de café, mais Jérôme m’interrompt en me disant que « la sienne est plus grosse que la mienne » et, joignant le geste à la parole, de la sortir pour me la montrer. Cela fait beaucoup. Un peu plus, et on ne pourrait pas finir la tarte...

Dada, Francis et Jérôme se régalent, pendant que Mathieu veille : mais qui a fait tomber un morceau de pain ?

Heureusement que Mathieu a tout prévu, et sort sa désormais traditionnelle verveine à 85 degrés, qui dissipe rapidement les effets de l’alcool et nous remet tout de suite d’aplomb pour attaquer le dessert. Jérôme débouche le Champagne (ça reste un anniversaire), malheureusement à nouveau du blanc que je suis obligé de décliner. Histoire tout de même de ne pas trinquer à vide (ça ne se fait pas !), Mathieu me ressert une verveine. Du coup nous sommes prêts à affronter le rhum arrangé au pain d'épice de ce vieux flibustier de Yannick. On achève cette belle tablée dans la convivialité, et on dit au revoir à Pierre et Lemmy, qui nous avaient prévenus qu’ils ne pourraient pas rester trop longtemps.

Il est temps de dépenser le surplus de calories ingurgitées en faisant un minimum d’exercice, il est grand temps de payer une visite à cette vieille dame de la Mescla, que beaucoup connaissent déjà bien, et que d’autres comme moi découvrent pour la première fois. Direction l’ouest, pour aller voir la rivière souterraine. Le réseau déjà équipé est facile, et à la portée du novice que je suis. Je m’habitue rapidement à longer / délonger, et, moyennant une virole un peu récalcitrante, je suis le groupe sur les traces de Dada, accompagné de Francis et Jérôme qui ferme la marche. En dépit des mises en garde, le franchissement de l’IPN s’effectue sans incident, et l’on parvient rapidement au bord de l’échelle qui s’enfonce dans l’eau profonde et agitée d’un courant rapide. Le temps de lire les plaques commémoratives des deux plongeurs qui ont autrefois perdu la vie dans le siphon, et de philosopher sur l’intérêt du Paic Citron pour faciliter l'enfilage des combis de plongée, nous effectuons un petit détour pour contempler en fond de cavité le méandre bien plus calme et observer d’en bas l'IPN dont nous aurions dû choir si nous ne tenions pas aussi bien l'alcool...

 Franchissement de l’IPN (photo Yannick)

  
La rivière souterraine (photo Yannick)

 Yannick, Francis, Mathieu et Dada

 

 

 Une première victime de la verveine… (photo Yannick)

Retour par le même chemin, avant de s’attaquer à l’autre partie du réseau, où Mathieu m’initie à la poignée ascensionnelle. Il fait très chaud dans cette zone, et l’humidité n’aide pas. On admire les galeries magnifiquement concrétionnées, lorsque soudain Sacha à l’audace et l’impudence de lancer une poignée de boue sur son père. Yannick, en bon pédagogue, a tôt fait de rappeler à son rejeton que cela ne se fait pas, au cours d’une séance de travaux pratique de laquelle il vallait mieux garder une distance prudente. En quelques minutes le pauvre garçon complète sa séance de sauna précédemment initiée par une véritable cure de balnéo avec enveloppement. La boue recouvre jusqu’à sa frontale qui ne lui sert plus à grand-chose. 

 

 Sacha, qui n’aurait pas dû provoquer son père…

 
 
La fin du parcours – Mathieu, Dada, Fabien et Francis (photo Yannick)

L’eau qui a envahi le conduit marque pour aujourd’hui la fin de la balade, et on s’en retourne par le même chemin. Ma propre lampe commence à clignoter, et je me rappelle que j’en avais monté la puissance afin de pouvoir correctement photographier les petites bêtes lorsque nous sommes entrés… il y a presque sept heures, et que j’ai oublié de baisser depuis. Heureusement que je n’ai pas oublié d’en prendre une autre… qui m’attend au camp de base, bien au chaud dans mon sac. 

On remballe et on se dit au revoir. J’en profite pour récupérer quelques vieilles bouteilles ainsi qu’une bougie, oubliées là par un précédent groupe de spéléo moins éco-responsables que le GSV. Il est près de 17h30 quand on regagne l’air libre et les voitures. La pluie n’est toujours pas tombée, on la croisera sur le retour. 

Une excellente journée de découverte, j’ai hâte de remettre ça ! 

 

Fabien