Participants : Dada, Denis, Francis, Jérôme, Mimi, Nico, Olivier
TPST : 4h
Temps gris, frais et légèrement humide pour cette sortie à la grotte des Cannois, sur la commune d'Andon à laquelle sont conviés les habituels soiffards du dimanche ainsi que deux guests en la personne de Mimi (diplômée en descente, spéléo et bouteille) et de Nico (spéléo-vidéaste hydrophile). Tout ce joli monde se retrouve à 10h sur le petit parking au départ duquel la cavité pointe à cinq minutes à pied (la dernière fois, le Président a mis 45 minutes à la retrouver - on progresse nettement).
La grotte des Cannois est éminemment sympathique : une belle baume accueillante, de jolies salles bien concrétionnées, et une attraction pour petits et grands : le passage de la Murène. Seul (tout) petit inconvénient : le boyau d'entrée qui impose une reptation sur quelques mètres et qui reste sélectif au-delà d'une certaine corpulence. A 10h15 Daniel et Francis s'enfilent les premiers pour évaluer la facilité de franchissement. Deux passages risquent de frotter un peu. Le Président décide qu'il serait bon de gratter le sol meuble pour gagner un poil de hauteur en l'absence de marteau-burin pour casser de la calcite en largeur. Je me souviens alors avoir dans le coffre de ma voiture une pelle de camping en fibre de verre des années 70, héritée de mon père et qui pourrait bien nous dépanner. Le temps d'un aller-retour rapide, je fais passer à Dada la "pelle à papi" et les travaux d'excavation commencent. Malheureusement le premier passage (très) surbaissé du fait d'une lame de calcaire fait reculer Mimi au niveau mental et Denis au niveau pectoral. Zut, on en a déjà perdu deux. Et pourtant Dada et Francis ont créé un véritable tunnel trois mètres plus loin. A l'unanimité de tout le monde, il est décidé que Dada, Olivier, Francis, Nico et votre serviteur visiterions la grotte (une petite heure à peu près) pendant que Mimi et Denis nous attendraient en ramassant des champignons alentours. Ils n'auront d'ailleurs pas d'autre choix que nous attendre car nous avions déjà fait passer les kits chargés de gnôle et de pinard de l'autre côté du boyau d'entrée.
A l'intersection avec le bas du P6 de l'aven du cafard n°2 (l'autre entrée des Cannois, mais bien plus stretch), Nico trouve dans une petite niche une unique chanterelle chichement éclairée par la faible lueur descendant du puits du cafard. Une chanterelle pour sept ça risque de faire un peu juste...
S'en suit la très agréable visite habituelle avec la salle du Chaos et ses marmites, la coquette salle de la coquille et ses concrétions, et enfin la grande salle des Douze avec ses immaculées coulées de calcite. Nous devions y déjeuner mais finalement nous festoierons tous ensemble dans la baume d'entrée. Nico n'en perd pas une miette avec son action-cam. Francis s'émerveille devant chaque nouvelle stalagmite qui lui rappelle le temps lointain où il travaillait comme vérificateur dans une usine de godemichés made in France : "On se cassait le cul à fabriquer des trucs sophistiqués que la Nature te façonne nickel en quelques milliers d'années !" On reconnait le ton désabusé de l'expert... Olivier s'étonne : "tiens, je te voyais pas bosser là-dedans...". Sur ces entrefaites nous parvenons dans le petit réduit d'où s'élève le fameux passage de la Murène, un boyau serré qui grimpe à 45° sans aucune prise sur 1,50 m. Le Président ayant déjà (souvent) donné, Francis et Nico souhaitant garder du souffle pour la sortie, je me sacrifie donc pour passer le premier. Murène je deviens, mais contrairement au poisson serpentiforme, j'ai du mal à m'accrocher avec la queue ce qui fait que je pédale dans le vide à la recherche d'une hypothétique prise de pied pour me hisser. Finalement, en faisant ventouse avec mon bide et mes fesses, je m'extirpe du taquin passage. Olivier, qui ne veut pas être traité de petite bite, m'emboîte le pas puis, sous mes conseils éclairés et poussé au cul par Francis, finit par déboucher à mes côtés dans la dernière salle du trou : la bien nommée "salle haute" à -14. C'est la plus moche de toutes mais Olivier et moi pouvons maintenant aller narguer les autres dégonflés. La murène à la descente se passe aussi facilement que l'expulsion de selles liquides et nous entamons le chemin du retour. Avant le boyau, nous allons jeter un oeil dans la bulle bien concrétionnée où notre doyen Bernard nous fit un show suggestif et déjanté il y a presque 15 ans. Nous récupérons les kits et ressortons dans la baume où nous attendent Mimi et Denis qui n'ont pas trouvé de champignons et ont fui la pluie qui commence à tomber au-dehors.
L'apéritif est copieux et varié avec une excellente bière de l'ami Nico (pour un buveur d'eau il a bon goût en matière de binouze), un bon petit vin de citron confectionné par le même Nico puis sans transition un château St-Hilaire 2021 de l'ami Denis. Le côteaux d'aix disparait à la vitesse de la lumière et nous nous tournons vers Francis (surtout Mimi, impatiente) qui devait se charger de la deuxième bouteille de rouge. Penaud, l'ex-fabricant de sextoys nous avoue l'avoir oubliée à la voiture. La moustache du Président frémit de contrariété et je vois le moment où il va prononcer une sanction d'exclusion temporaire du GSV pour rupture inconsidérée de la chaîne d'approvisionnement. Je fais diversion in-extremis en rappelant au grand homme qu'il reste encore une fiole de verveine faite maison chez Nico, un flask de Genepi tout aussi maison chez Denis et un kirsch artisanal de la belle-mère à Olivier. Le Grand Homme se relaxe instantanément non sans avoir admonesté mollement l'imprudent Francis : "Tu as déjà oublié le tire-bouchon à l'aven de la baume, là c'est carrément la bouteille. Et la prochaine fois ? Ton slip ? Que cela ne se reproduise plus, hein...". Ouf, c'est pas passé loin. Du coup on fait un sort aux divers et divins spiritueux et après un café bien chaud accompagné d'une tablette de chocolat noir de Francis (qui essaye de se faire pardonner), je leur administre à chacun (sauf à l'aquatique Nico) un doigt d'Elixir de Grande Chartreuse à 69° qui, comme chacun le sait, prévient la gueule de bois et calme les démangeaisons de l'herpès génito-facial. Les saloperies et les rires fusent sous l'oeil implacable de la caméra que ce vicelard de Nico a laissé tourner ni vu ni connu. Avec ça il aura un sacré dossier pour nous balancer à la FFS...
C'est donc particulièrement gais et titubants (surtout Dada qui allait partir à l'opposé du parking dans le brouillard) que nous sortons du trou vers 14h15 sous une bruine glaciale pour aller nous changer rapidos aux voitures avant que nos roubignolles ne bleuissent (sauf celles de Mimi qui, bien sûr, n'en a pas).
La grotte des Cannois est toujours aussi amusante à visiter et, moyennant quelques menus travaux d'amélioration de l'accessibilité, nous y reviendrons au grand complet cette fois et trinquerons dans la salle des douze...
Jérôme
(avec surtout pas les photos de Francis qui était hors d'usage, Francis pas son téléphone, hein)