Participants : Daniel, Jérôme,
Mathieu, Yannick et Francis
TPST : 7h
Encore une fois le rendez-vous au col de l'Ecre n'est pas trop tôt, c'est à dire 9h30, pour ménager ceux qui viennent de loin et ceux qui doivent se manger les cyclistes du dimanche qui encombrent les petites routes de l'arrière-pays...
L'objectif du jour est la visite de l'aven du Danger. Il doit son nom à la pierraille qui tombe drue depuis l'entrée car la roche est un peu pourrie. Comme la cavité démarre fort avec un puits de 26 mètres, on prévoira un intervalle de sécurité entre les courageux du jour.
Le GSV étant un repaire d'alcooliques, plusieurs de ses éminents membres se sont fait porter pâles sous des prétextes incongrus du type "mal au dos", "mal au cul" et autres joyeusetés auxquelles on ne peut croire une seconde : c'est clair, après la bringue du samedi soir, ils ne sont pas en état... On n'est donc que cinq pour s'attaquer à la partie qui pointe à moins 95 mètres, visitée pour la dernière fois en 2022 par le GSV. Yannick, notre fournisseur préféré de viennoiseries, a comme d'habitude rempli son contrat mais on verra plus tard qu'il ne sera pas récompensé !
Après cinq minutes de marche dans les broussailles on découvre la confortable entrée du trou, bien protégée par de larges plaques métalliques.
La descente est toujours plus facile que la remontée et l’enchaînement des puits avec dév' et fractios se passe sans souci particulier. Malgré tout, c'est un peu plus long que prévu et à midi, on s’arrête donc pour manger dans la grande salle à -70. De magnifiques concrétions s'offrent à nous, bien rendues par notre inspiré photographe, l'incontournable Yannick.
Une bouteille de pinard pour 5 (de la rigolade pour les soiffards présents), la pitance finalement agrémentée d'une bonne rasade de vieille Prune de l'ami Yannick, la médisance sur les absents, quelques anecdotes salaces, le café qui va bien amené par l'Allergique-aux-cyclistes, un dernier coup d'Elixir de Grande Charteuse à 69°, et on repart pour la suite de la visite.
Un joli boyau qu'il faut prendre à l'égyptienne (de profil), à l'indienne (bras en avant) et à l'amazonienne (nu, sans quincaillerie) se refuse à Yannick qui a oublié la vaseline; l'infortuné retourne donc dans la grande salle pour compléter la séance photo avant de remonter tranquillement en solo.
Pour ma part, l'étroiture se négocie avec un poil de stress (l'effet de la prune sans doute) mais ça passe. Après le boyau où l'on fait déjà un peu trempette, le reste de la troupe s'embourbe encore un peu plus et touche le fond. Zut, bigre, flûte ou même merde, on n'a plus d'appareil photo pour immortaliser le superbe massif stalagmitique tout blanc qui fait la spécificité de l'aven. On s'extasie un brin et on décarre. Faut rattraper notre fournisseur de viennoiseries ! Dada décolle, récupère mon kit dans la grande salle (allégé du contenu de la bouteille de rouge) et je le suis, léger comme l'air du coup. A -37, après le fractio, un peu galère pour le redémarrage, je hisse le kit de Jérôme qui se tartine déjà le premier kit de cordes.
Et dans le boyau pentu avant le dernier puits, cette grosse saloperie de kit s'entortille dans les cordes. Marche avant et arrière impossibles, je m'épuise quasiment un bon quart d'heure puis, pour me libérer je décroche le boulet qui fait un grand bruit 15 mètres plus bas. Heureusement que j'ai mal visé car Jérôme a failli se prendre son kit sur la tête, un comble. Dada avouera plus tard avoir lui aussi été emmerdé à cet endroit car la corde change de paroi. Du coup ça me rassure, je ne suis pas complètement naze. Jérôme se tape donc le passage avec 2 kits. Mathieu qui déséquipe fait de même. Et ce, les doigts dans le nez , ce qui me dégoûte un peu.
La sortie est un peu chiante car on ne sait pas trop ou s'appuyer pour éviter la chute de parpaings sur les copains. Et il est quasiment 17 heures quand Mathieu s'extrait en dernier de la cavité.
En conclusion, ce superbe aven vaut le détour et permet de travailler un peu les techniques de franchissement pour les bleus-bites. On n'est pas loin du trou d'initiation... La suite est immuable : retour aux chignoles, désapage, rangement des affaires crades dans les sacs poubelles, un dernier coup de vieille prune pour vérifier qu'elle a bien supporté le voyage, et retour a la casa.
Francis
(avec les
photos
de Yannick)











