Participants : Josiane et Bernard
Lips, Kty, Éric, Pierre, Sophie, Vincent, Denis, Serge, Adeline,
Séréna, Brigitte, Catherine, Marcel, Jean-Luc, Apolline, Clarisse,
Alessandro, Alessio, Fabien
TPST : 3h
Au GSV, on apprécie les sciences, et
on est toujours curieux, c’est pourquoi Dada, informé de mon goût
pour la biospéologie, a organisé une sortie aux Caranques, où il
voudrait pouvoir me montrer quelques bestioles, dont il espère que
je saurai lui dire le nom, et qu’il a prévue… le dimanche du
stage.
Pas grave, on a
également le sens pratique, et on sait s’organiser : les
tâches sont rapidement réparties, j’irai au stage, pendant que
les copains iront aux Caranques sans moi, non sans m’avoir promis
auparavant de boire un coup à ma santé. C’est
donc un peu avant 9h que j’arrive sur le parking de la Grotte de
Saint-Cézaire, où j’aperçois déjà pas mal de monde. Le stage
est organisé par le CDS06 et sa commission scientifique, avec comme
organisateurs Éric, des SophiTaupes et Président de la CoSci, et
Kty, du Groupe Spéléo Magnan, de la CoSci et du GCP Chiroptères,
tous deux également membres du Groupe d’Études de Biospéléologie,
avec comme animateurs Josiane et Bernard Lips, du GEB, experts
reconnus dans leur domaine. En plus de ces deux clubs, étaient
également représentés le Garagahl, ainsi que le GSV (par votre
serviteur). De nombreux invités avaient fait le déplacement,
d’Italie, du 13, du 09, et même de l’étranger, puisque nous
avons eu le plaisir d’accueillir plusieurs de nos amis varois…
Nous étions en tout une vingtaine de participants,
intervenants et stagiaires, quand on nous a informés que les Lips,
partis en avance pour préparer le stage, n’étaient toujours pas
arrivés… Ils n’ont heureusement pas mis longtemps et, les
présentations faites, Josiane a pu nous briefer sur les techniques
d’inventaire. Chacun sera doté d’un appareil photo et de
matériel de collecte, afin de… et bien de photographier et de
collecter les animaux que nous croiserons. Ouais, ça semble logique,
en fait.
La Grotte Dozol, ou Grotte de
Saint-Cézaire (11-H) est une grotte touristique aménagée ouverte
depuis un peu plus d’un siècle, qui présente la particularité
d’avoir son entrée artificielle à l’intérieur du bâtiment, et
aucun accès naturel vers l’extérieur : ainsi privée des
apports en matière organique venus de l’extérieur, et des
chauves-souris, en plus d’avoir été fortement aménagée, elle
est du coup réputée totalement stérile, n’abritant aucune sorte
d’organismes, et plusieurs biospéléologues en sont déjà revenus
bredouilles… Cela a intrigué Pierre, le nouveau guide de
l’établissement : passionné de spéléologie, ce garçon a
quitté il y a un peu plus d’un an sa région natale, très belle
mais à peu près dépourvue de trous exploitables, et s’est
installé chez nous dans l’espoir d’avoir l’occasion d’y
explorer de belles cavités… Il a rapidement trouvé employeur à
la Grotte, ce qui l’a malheureusement tellement occupé jusqu’ici
qu’il n’a pas eu l’occasion d’en visiter beaucoup…

L’entrée
de la grotte… (c’est facile, c’est écrit dessus…)
Intrigué, il a donc proposé
d’accueillir le stage de cette année dans son établissement afin
de vérifier cette prétendue absence de vie. Après avoir constitué
des équipes de deux, il est un peu moins de 10h quand nous
franchissons la porte et descendons les escaliers menant à la
cavité, où l’on pense rester environ trois heures…
La salle, aux concrétions
magnifiques, éclairée pour accueillir le public…
Des cristaux de calcite en
« oursins »…
Je fais pour ma part équipe avec
Vincent, du GSM. Les chemins bien dégagés et cimentés accessibles
aux visiteurs permettent de contempler de splendides concrétions,
mais on comprend assez vite qu’il va nous falloir regarder ailleurs
que sur les sentiers ultra fréquentés pour espérer voir de la vie.
Avec mon acolyte, nous nous engageons donc dans la première
bifurcation à notre droite, un petit boyau en cul-de-sac non aménagé
en contrebas de la deuxième volée de marches. Les filles sont plus
malignes et ont repéré quant à elles sur la topo une petite
galerie descendant à -9m sur la gauche encore plus près de
l’entrée, d’accès plus étroit qu’elles décident d’explorer,
et l’avenir montrera qu’elles ont eu raison… Tandis que
l’essentiel du groupe s’enfonce dans les profondeurs, Éric se
charge de rééquiper le puits situé au fond, où descendront deux
chanceux volontaires désignés d’office.
Dès les premiers mètres, cela me
plaît : le sol est très boueux, et l’on s’y enfonce
rapidement, mais les concrétions sont recouvertes de déjections de
cloportes et de mille-pattes, je ne doute pas qu’on y croise donc
de la vie. Une chose cependant me dérange, la présence de lampes allumées depuis le matin, pour l’accueil des visiteurs, et qui y
déploient un jour constant, pas tellement compatible avec la vie
souterraine telle que je la connais. Des plantes on même réussi à
pousser, et un petit tapis de mousse bien verte se développe à -6m,
en face d’un projecteur, là où la lumière serait normalement
totalement absente. Quelques coquilles vides prises
dans l’argile et de toute évidence là depuis très, très
longtemps constituent nos premières prises, à peine le temps de
nous interroger sur la présence d’un grand nombre d’ampoules
enfoncées dans le sédiment, quand je repère enfin ce que je
cherche : un minuscule cloporte dépigmenté d’un peu moins de
3 mm. Serge, en regardant mes photos, me fera plus tard remarquer à
juste titre qu’on en voit de similaires un peu partout dans le
plateau, et il a raison, mais lorsque je lui montre ensuite le
spécimen dans son tube d’alcool, il reconnaît que les « siens »
sont beaucoup plus gros : il fait en fait référence à
l’espèce Alpioniscus feneriensis, bien connue, sinon de
nom, du moins d’apparence, de la plupart des spéléologues du
coin, et qu’on observe notamment facilement à la Bauma Fumada, à
environ 21 km au NE d’ici. La mienne est beaucoup plus petite :
Nesiotoniscus ribensis fait partie de la même famille, mais
ne dépasse pas les 3 mm. Outre sa taille, elle s’en distingue
également par les antennes, plus courtes et trapues. Ce petit
cloporte entièrement blanc et dépourvu d’yeux est ce que l’on
appelle une espèce troglobie, une espèce entièrement
adaptée au milieu souterrain, qui y passe sa vie entière, s’y
reproduit, et dont il n’existe aucun représentant à la surface.
Vincent me désigne à son tour un cloporte de taille moyenne, que
j’identifie comme la Philoscie des caves, Chaetophiloscia
cellaria. Deux autres suivront. La Philoscie, quant à elle, est
un cloporte beaucoup plus courant, que l’on rencontre également
fréquemment dans les souterrains y compris artificiels, comme les
caves (d’où son nom), et même à l’extérieur. Elle est un
parfait exemple de faune eutroglophile, c’est-à-dire d’un
animal parfaitement capable de vivre aussi bien à l’extérieur
(pourvu qu’il fasse suffisamment frais et sombre, sous les pierres,
par exemple) ou sous terre. Elle n’a absolument aucun besoin de
sortir, certaines populations passent leur vie à l’extérieur,
tandis que d’autres ne sortent jamais. Contrairement au
Nesiotoniscus, elle possède des pigments colorés – même
si les populations souterraines ont parfois tendance à être plus
pâles. La Grotte de Saint-Cézaire est donc bien habitée,
finalement !

Nesiotoniscus ribensis
Vandel, 1948 (pas encore de nom commun français) : petit
cloporte de moins de 3 mm, entièrement blanc et sans yeux, faisant
partie de la faune troglobie de la grotte, c’est-à-dire des
espèces entièrement adaptée au milieu souterrain et ne vivant que
là.
Chaetophiloscia
cellaria (Dollfus, 1884), la Philoscie des
caves : cloporte de taille moyenne, faisant partie de la faune
troglophile de la grotte, c’est-à-dire des espèces que l’on
peut trouver aussi bien sous terre qu’à la surface.
Polydesmidae sp. cf.
mistrei, la future mascotte de la Grotte ?
Très commun, il est encore en attente pour l’instant d’une
détermination précise par les spécialistes.
Je ne sais plus lequel de nous deux
repère en premier ce petit mille-pattes entièrement blanc, qui
arpente avec bonhommie la paroi juste derrière nous, un Polydesme,
au corps aplati. Deux autres suivront, et plusieurs autres groupes en
récolteront également. Relativement fréquent dans la cavité,
facile à observer, et très typique, avec son corps blanc dépourvu
d’yeux, il deviendra rapidement la mascotte de la Grotte, surnommé
« Bobby » par le personnel. Un spot entièrement
prospecté, on passe au suivant, explorant ainsi toute la cavité,
laissant aux autres groupes le soin de vérifier après nous ce qui
aurait pu nous échapper, et repassant nous-mêmes où les autres
sont déjà passés, on s’efforce de tout couvrir. Pas de grande
étendue d’eau dans la cavité, où l’on puisse espérer trouver
des Niphargus, et d’autres aquatiques, mais ça et là des
flaques et de petits gours où s’agitent de minuscules points
blancs : pour ceux qui aiment boire aux gours, ce sont eux qui
sont responsable de l’apport en protéine supplémentaire ainsi que
de la sensation très désagréable en bouche. Il s’agit, pour la
plupart, de collemboles, mais quelques autres minuscules animaux
dépigmentés y sont observés occasionnellement : acariens,
symphiles, et même un minuscule palpigrade (microscorpion, à ne pas
confondre avec les pseudoscorpions !). Sophie, du fond du P52,
me crie sa frustration d’avoir accepté de descendre au fond de ce
cloaque où elle n’a rien trouvé à part de l’argile. Au fond de
la salle principale, la longue galerie aveugle à -17 m’attire
comme un aimant. Vincent, prudent, m’attend là et continue de
scruter les concrétions. Éric, paraît-il, s’y est déjà
aventuré et n’y a rien trouvé d’autre que de la boue. Fanfaron,
je m’élance, mais ne ferai malheureusement pas mieux ;
j’aurai au moins eu le plaisir d’explorer un peu, et d’étrenner
ma combi avec de l’argile toute neuve. A la sortie, je pourrais
facilement passer pour le petit frère d’Éric, tant nos tenues
sont assorties. C’est bon pour la peau, paraît-il… La semaine a
été longue, je me suis levé tôt, et je commence à éprouver un
sérieux mal de tête : je me propose donc de sortir, pour
prendre un cachet. Éric m’apprend que trois autres personnes en
ont fait l’expérience, et que la fatigue n’a pas grand-chose à
y voir, mais plus probablement le CO2, présent en
quantité appréciable malgré la ventilation dans la cavité où
nous stationnons déjà depuis près de trois heures. Je le remercie
beaucoup et me félicite intérieurement, pensant que je vais être
acclamé en héros lorsque je vais rentrer au GSV en leur apportant
cette excuse si magnifique : « j’ai mal à la tête,
mais c’est pas à cause du pinard, c’est le CO2 ! »

Clarisse traque la petite
bête, équipée d’un aspirateur à bouche. Il faut faire bien
attention de ne pas se tromper de tuyau…
Les
visiteurs de la Grotte ce jour-là nous ont probablement pris pour
des fous…
On ressort donc un par un, et on file
se changer (à part Eric, qui a eu la brillante idée de laisser les
clefs de la voiture à Kty, et qui du coup se retrouve sans
chaussures) afin d’être à peu près présentable pour le
déjeuner, prévu à 13h30.
Déjeuner sur place, au restaurant de
la Grotte, offert par la direction. On se retrouve donc tous les
vingt pour trinquer avec un très bon petit rouge, autour de
magnifiques assiettes, une belle salade pour commencer, puis poulet
sauce aux morilles. Certaines de ces dames préfèrent le rosé, mais
tous trinquent de concert ; il n’y a que deux convives qui se
trouvent être végétariens, dont notre ami Pierre, mais vu qu’il
est aussi fort que les autres pour lever le coude, cela ne se
remarque pas trop (ne pas manger de viande, c’est quand même
nettement moins grave que de ne pas boire d’alcool…)
Magnifique décor pour le
déjeuner du midi à l’Aragonite, le restaurant de la grotte (Photo
Kty)
Changement de décor pour l’après-midi,
nous sommes hébergés dans les locaux du Parc Naturel Régional, à
Saint-Vallier, à quelques kilomètres de là. Comme le matin, Kty et
Éric, Josiane et Bernard partent en tête, pour préparer. Je les
suis peu après, et à peine suis-je sorti de la ville que je tombe
sur… les Lips, en train de faire demi-tour…
Je m’arrête donc, me signale à
Bernard, et le guide jusqu’à Saint Vallier. Les locaux du PNR sont
vastes, avec une grande salle où nous pourrons tous tenir pour
l’après-midi. Le temps de monter tout le matériel, y compris les
dix loupes binoculaires et toute la documentation, nous reformons les
binômes du matin pour à présent préparer et interpréter le
matériel collecté le matin. Il s’agit de préserver les spécimens
dans des tubes remplis d’alcool qui seront étiquetés, et
conservés afin que les spécialistes puissent les étudier. Les
quelques spécimens aperçus ce matin ne représentent qu’une toute
petite fraction de ce qui se cache dans chaque fissure de la grotte,
et ce petit sacrifice permet de faire considérablement avancer la
science, et, le cas échéant, de prendre les mesures nécessaires
pour préserver les autres. Et puis je me dis que, après-tout, finir
noyé dans un récipient rempli d’alcool, c’est quand même une
belle mort…

La salle de travail, dans
les locaux du PNR (Photo Adeline)
Les échantillons sont identifiés le
plus précisément possible, grâce à la documentation disponible,
afin d’être adressés au bon spécialiste. C’est qu’il n’est
pas toujours possible d’identifier une espèce sur le terrain,
parfois plusieurs espèces distinctes se ressemblent tellement qu’il
est impossible de savoir de laquelle il s’agit sans les disséquer…
C’est notamment le cas de notre Polydesme (raison pour laquelle je
n’ai pas pu indiquer son nom) : un Polydesme cavernicole a
bien déjà été décrit dans le coin (Propolydesmus mistrei
(Brölemann, 1902)), mais plusieurs autres espèces très similaires
sont également possibles, seule différence notable : la forme
des bijoux de famille du Monsieur (dans le métier, on dit
« gonopode », pour éviter de mentionner auprès des
non-initiés que l’essentiel du travail consiste à examiner des
parties génitales au microscope… C’est pas un métier, c’est
une vocation…) Examen détaillé sous la loupe binoculaire, et :
bingo ! Au moins deux mâles dans le lot. « Bobby »
devrait prochainement pouvoir recevoir un nom plus précis…

Félicitations, Madame !
C’est un garçon !
Jackpot pour les filles, qui ont
décidément bien fait d’explorer la première galerie non
aménagée : en plus d’un autre mille-pattes aveugle, celui-ci
aux grosses « joues » hyperdéveloppées (Devillea
tuberculata Brölemann, 1902), Séléna a réussi à attraper un
petit cloporte très intéressant : il peut s’agir ou bien
d’une espèce déjà connue de la région, mais très faiblement
connu de la science (ce serait la 4ème ou 5ème
fois seulement qu’elle serait observée par l’être humain), ou
bien d’une espèce peut-être moins rare, mais dans ce cas qui
serait totalement inconnue, et donc nouvelle, pour le département…
Quoi qu’il en soit, c’est du lourd, et cela donne très envie d’y
retourner pour en apprendre davantage…
Un mystérieux cloporte,
et peut-être la donnée la plus intéressante de la matinée :
on espère qu’il pourra être identifié par Franck Noël, le
spécialiste du groupe. (Photo Adeline)
Ce travail méticuleux nous occupe une
bonne partie de l’après-midi, et on en profite pour papoter et
faire connaissance. On reconnaît certaines espèces, le travail
avance. Josiane aide aux déterminations, ainsi qu’à l’inventaire.
Bernard récupère les photographies, qui vont servir à présenter
notre travail ce soir.
Josiane identifie un
spécimen sous loupe binoculaire (Photo Marcel)
Les photos prises le matin
vont permettre à Bernard de présenter un diaporama de notre travail
(Photo Alessandro)
Il faut être très
méticuleux avec l’étiquetage des échantillons. Tout le monde
écoute avec beaucoup d’attention les consignes de Josiane.
Repas du soir au Relais Impérial, où
est également hébergée une bonne partie de l’équipe. La bière
bien fraîche fait beaucoup de bien après une grosse journée de
travail, puis nous passons à table, où nous avons le temps de
papoter. Anecdote amusante, j’engage la conversation avec les
collègues varois : connaissant un peu la géologie du coin qui
est assez différente de la nôtre, j’ai du mal à situer où sont
les trous intéressants dans le coin. Je questionne Jean-Luc à ce
sujet, et l’on se met à causer géographie, puis politique, avant
que je ne réalise que Brigitte était mon maître de stage, à sa
pépinière lorsque j’étais en 4ème… (1997, j’ai
vérifié !) Tout cela ne nous rajeunit pas (je n’avais même
pas encore la barbe, à l’époque, je ne l’ai portée qu’un an
plus tard…), mais nous fait en tous cas passer un bon moment. Le
dessert et la suite de la soirée se passent dans la salle de
projection de l’hôtel, en compagnie de quelques invités
supplémentaires, dont le directeur de la Grotte et les élus locaux,
devant lesquels sont présentés les grands principes de la
biospéléologie, ainsi que nos premiers résultats, grâce aux
photos du matin.

Un autre type de salle,
sans concrétion, celle du Relais Impérial où nous dînons le soir
(très belle aussi, photo Kty)
Le lendemain, le réveil pique un peu,
non pas à cause de l’alcool, mais du changement d’heure !
(et probablement un petit reste de CO2 aussi…). Le ciel
est gris, et le soleil semble avoir pris le même coup de pelle que
moi, et a du mal à se lever. Retour aux locaux du PNR, où il faut
finir le travail d’inventaire entamé la veille. Certains, dont
Éric, ont évoqué la possibilité de ressortir faire quelques
cavités histoire de compléter un peu, et tester nos compétences
nouvellement acquises, mais Josiane a émis des doutes…
Effectivement, on n’aura pas trop de la journée pour finir le
méticuleux travail d’étiquetage et d’emballage. Pique-nique à
midi sur la terrasse, le soleil ayant enfin daigné se lever, avec
les denrées apportées par chacun (mais qui a donc pensé à
apporter un lonzu corse ? Mais quelle excellente idée
Brigitte !). Le Haut-Médoc Demoiselle de Sociando-Mallet
2008 (c’est 100% végétal, tu peux y aller, Pierre !) aide à
éliminer les derniers relents de CO2 et à finir le
travail la tête légère. En tout, ce sont plus de 90 nouvelles
données qui viennent s’ajouter à la collection déjà
impressionnante gérée par Josiane, et qui entament le premier
inventaire de la Grotte de Saint-Cézaire ; le nombre précis
d’espèces reste encore à connaître, dépendant des
déterminations qu’en feront les spécialistes après qu’on leur
aura adressé le matériel, mais on estime qu’une bonne vingtaine
d’espèces ont ainsi été observée pour la première fois dans
cette petite cavité réputée stérile et sans aucun intérêt :
le plus souvent, la biodiversité ne s’observe que quand on prend
la peine de la chercher… S’il manque à l’inventaire, comme on
s’y attendait, la faune d’entrée (du fait de l’absence
d’entrée naturelle), et les guanophiles (du fait de l’absence de
chiroptères), la grotte héberge bien une faune de troglobies
adaptés à la vie en profondeur, ainsi que des troglophiles et des
endogés qui doivent y accéder par les nombreuses fissures mettant
en relation la grotte avec le karst environnant. Elle n’a
probablement pas encore livré tous ses secrets…

Le temps de redescendre le matériel
dans les voitures, on échange les coordonnées et on se quitte avec
émotion : on s’était retrouvés comme co-stagiaires, on se
quitte pratiquement amis. Des groupes de travail ont été
constitués, on se promet de revenir sur le travail entamé, et de
retour à la maison de partager avec nos clubs respectifs un peu de
notre savoir-faire nouvellement acquis. Un excellent week-end
enrichissant tant intellectuellement qu’émotionnellement,
humainement et gastronomiquement. Un très grand merci à Pierre et à
la direction de la Grotte de Saint-Cézaire, ainsi qu’au Parc
Naturel Régional de nous avoir accueillis, à Kty et Éric d’avoir
tout organisé, et à Josiane et Bernard de nous avoir éblouis et
fait partager un peu de leur sagesse…
Fabien