Participants : Daniel, Francis, Jérôme
TPST : 7h
Morte saison spéléologique que ce mois de mars tout tristounet qui incite à rester sous la couette plutôt qu'à aller se faire suer à déséquiper un trou en fin d'exploration. C'est pourtant ce dimanche-là que le Président a choisi pour aller retirer cordes et amarrages du fond de l'aven Yvan, quelque part dans les broussailles de Saint-Cézaire entre l'aven des Baragnes et l'aven Léo. Il lui fallait deux esclaves pour remonter les kits pleins de cordes moisies : l'inévitable Francis qui est de tous les plans foireux et votre serviteur dont la couette était au pressing ce jour-là.
Neuf heures trente sonnent dans le lointain lorsque le TSV (Trio Spéléologique de Vence) se retrouve au parking des Baragnes. Dix heures quinze carillonnent à la montre présidentielle lorsque nous nous enfilons dans le puits d'entrée dont la courte étroiture verticale de deux mètres (qui a fait reculer plus d'un spéléo cacochyme par le passé) est un obstacle plus psychologique que physique. Nous dévalons la succession de puits et de ressauts plus architecturaux que concrétionnés jusqu'à la côte moins 91,5, un puits en dessous du fameux "anus de mouette" dont Mathieu et Daniel vinrent à bout il y a quelques années. C'est le terminus devant lequel même notre très obstiné ami Pierre a baissé les bras et laissé tombé sa massette, massette que je vais récupérer en même temps que celle du Président, plus une collection de burins, plus un fagot de broches plus quelques autres cochonneries métalliques qui traînaient au fond. Soit au bas mot un kit d'une douzaine de kilos. Daniel et Francis en profitent pour tirer quelques coups. Il est toujours émouvant de voir deux aimables gaillards tirer des coups dans un trou. Surtout si ce sont des coups de décamètre. En effet, Dada voulait compléter sa topo du fond avec quelques cotes manquantes, notamment celles de deux puits remontant débouchant sur rien. L'opération est fastidieuse et chronophage. L'heure tourne et après avoir récupéré les cordes, nous cassons la croûte à la base de l'avant-dernier puits. Il est treize heures et pour nous réchauffer je débouche une bouteille de "Rouge Frisson", un petit Vin de France du Vaucluse qui gouleye à souhaits
J'attaque la remontée en premier en charriant mon kit (certes allégé de ses 75cl de pinard et de mon sandwich) et le kit de ferrailles qui me donne l'impression d'avoir un sac d'enclumes attaché sous les roubignolles. Francis me suit, à disposition du Président qui déséquipe. Au total nous remonterons un kit de quincaillerie et deux kits bourrés de cordes bien boueuses. Le Grand Homme a prévu de laisser la partie haute équipée pour pouvoir accéder ultérieurement à un puits parallèle qui pourrait constituer le point de départ d'un deuxième réseau. Peut-être...
J'ascensionne sans trop de difficultés malgré le poids, mais en gesticulant du périnée pour que mes deux kits, notamment celui plein de massettes, ne viennent pas s'accrocher dans les lames de roche qui parsèment le parcours. Et çà, plus les sorties de puits un peu acrobatiques, ça vous pompe quand même un brin d'énergie. C'est donc soufflant comme un phtisique en phase terminale que j'atteins le fractio juste au-dessous de la chatière verticale de la sortie. Comme elle est vraiment trop juste pour l'attaquer avec deux kits au cul, nous avons décidé à l'unanimité de nous trois que je hisserai les trois sacs de déséquipement depuis l'entrée en utilisant la corde de descente. Je suspend donc mon kit plein de clous au fractio et sors du trou, attendant le signal de mes deux compères pour commencer le treuillage. Signal qui ne vient pas. Trente minutes plus tard, j'entends Francis arriver à l'amarrage et la manoeuvre peut commencer. Dada ferme la marche et à 17h15, le trio est dehors, ayant accompli sa mission. A ma question : "Qu'est-ce que vous avez branlé pendant une demi-heure pendant que je me caillais les miches ?" Daniel et Francis répondent en choeur : "Tu le sauras jamais, ce qui se passe dans le trou reste dans le trou".
Je ne sais pas trop comment interpréter cela...
Jérôme
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