23 août 2026

Aven de Canen

Participants : Daniel, Jérome, Yannick, Sacha, Francis
TPST :3h30

Après avoir redécouvert à moitié (on verra plus tard l'explication...) l'aven Fuca le dimanche précédent et repointé l'aven Canen dans la foulée, le GSV s'est donc fixé comme objectif la revue du second; je complique les phrases sciemment pour entraîner vos neurones potentiellement atrophiés. Cette fois, l'incontournable trio est complété d'un expert de l'alambic (je dis bien UN car ils sont nombreux dans cette catégorie au GSV) et de son courageux fiston. Les autres avaient piscine...

Rencard à 9h30 à l'Audibergue : tout le monde est là à 9h, c'est dire la motivation des gaillards !

Le petit café au resto à coté pour bien profiter du confort du lieu et c'est parti pour les 20 mn de marche sur une bonne piste dans les bois. Cette fois on y va direct, sans une seconde d'hésitation. Il est 10 h moins des miettes (celles des viennoiseries amenées par l'Expert es distillation) quand on arrive sur place .




Le temps de dégager les branches qui protègent l'entrée et de se changer, le Vénérable attaque l'équipement du puits à 10h30. Il râle car les amarrages ne sont pas comme il voudrait et sa corde de 30 m pour un puits de 21 s'avère un peu juste. En maniaque de la sécurité, il a ajouté une main courante à l'entrée et le regrette un peu... Bref une demie heure plus tard le reste de la troupe, qui a eu bien le temps de s'équiper, attaque la descente, Jérôme en tête pour vérifier le boulot du Président (la confiance n'exclut pas le contrôle c'est bien connu...) et piloter le cadet de la bande, le jeune Sacha. Votre serviteur suit pour guider un peu Yannick. Le père et le fils ont manqué pas mal de sorties au profit de batifoleries culinaires arrosées, alors on les surveille de près.

Un beau puits, un petit méandre, une transition un poil technique, un second superbe puits et on débouche dans la galerie en pente à -50 m environ. Tout le monde est en bas à 12h15.

Plus de cordes dispos donc on n'ira pas visiter le fond à -62m, via le ressaut qui s'ensuit.



On prend le temps de visiter le haut de la galerie en se cramponnant comme on peut car c'est bien casse-gueule : de la boue qui colle mélangée à un pierrier merdique qui aurait vite fait de nous envoyer un peu trop bas dans le trou ! Avec une corde de 20 m en plus sous le coude on aurait été plus tranquilles.

Qu'importe, c'est le moment de jaffer (clin d’œil à Jérôme qui se relit tous les San-Antonio depuis le début) et le top départ est donné avec le débouchage sonore de la bouteille de rosé, bien frais, amenée par Jérome devenu maître dans l'art de trimballer sans casse le précieux liquide quelle que soit la cavité.

Hormis le cadet qui dédaigne encore le rosé, se réservant pour le rouge ("avec modération" on dira, des fois que sa mère lise le blog du club...), les autres soiffards ont vite fait d'alléger la bouteille, ceci évidemment pour faciliter la remontée de celui qui la porte car on se serre les coudes (en plus de les lever) au GSV !

Chacun savoure sa gamelle et on se met en condition pour la remontée à l'aide de la vieille Prune de l'ami Yannick (non on ne parle pas d'une de ses roubignolles). Bienvenue est cette douceur car on se caille un peu la dessous. Le flacon est bien attaqué mais on ne le finit pas car on est raisonnableu. Quelques photos puis décollage vers 13 h approximativement (l'effait de la prunnnne cent dhoute...). Le Président cramponne la corde pour la décoller de la paroi et éviter un vicieux frottement (et oui, il n'avait pas prévu assez de dev'), Jérome ouvre la voie, suivi de près par Sacha qui se tape son monté de corde comme pour rire, et sans râler après son baudard qui d'habitude lui broie les noix.



Jérome tient sa position pour guider les suivants et propulse Sacha vers la sortie J'essaie de le rattraper,sans succès. Dada sort en dernier après avoir déséquipé vers heu... le début d'après-midi.

Il est encore frais le bougre et décide avant de virer la combi de visiter le trou qu'on avait trouvé la semaine précédente en cherchant le Canen dans les buis, à 20 m de là. Faut pas craindre de déranger un blaireau pour se glisser la dedans ! Rapide inspection et verdict du vieux sage : à voir si on a le temps...

Retour au parking, pendant que je discute littérature et philosophie avec Jérome, L'Ancien embarque, sans crier gare, les 2 absents du week-end précédent pour leur montrer l'entrée du Fuca.

A peine le temps de déposer le barda dans les voitures qu'une paire de 4x4 s’arrête quasi sur nos pompes et qu'en surgissent précautionneusement d'éminents membres du CDS06 (qui a dit "vieux" ?) qui ont bien évidemment reconnu notre estimable Président.

Les pauvres sont un peu dépités car ils n'ont pas retrouvé leur Pagode !!! On est soulagés quand on apprend que c'est une grotte cachée dans les alentours...

On échange les dernières infos (apparemment de façon plus efficace que lors des réunions prévues à cet effet) et on découvre ainsi que le Fuca ne se termine plus à -90 m mais plutôt à -200 m (d'où le "'à moitié" du début du récit pour ceux qui ne suivent pas). Mieux, la découverte aurait eu lieu 10 jours avant notre visite du week-end dernier ! Stupeur de Dada qui, dimanche dernier, n'a rien décelé, si ce n'est un passage stretch dans l'ancien méandre terminal et pas d'amarrage visible; sûr, il va aller aux renseignements fissa auprès des responsables. D'autant que la suite décrite est plutôt choucarde : un P30 suivi de près par un P70 qui se termine dans un lac assez profond et plus loin un boyau semi-immergé,

avec le courant d'air puissant qui va bien. Z'ont bien bossé les courageux et sveltes défricheurs du Garagahl et du Martel. Bref, peut-être un retour au Fuca dans pas trop longtemps....

Sur ces enthousiasmantes nouvelles, on décarre vers 15h30 me semble-t-il (la prune de Yannick, dont nous avons repris une gorgée à la sortie du Canen, a décidément faussé ma perception du temps)



Francis
(avec les photos de Francis et une vidéo de Yannick extraite de son long mètrage "Les débauchés des vaches qui rient")

16 août 2026

Aven Fuca

Participants : Daniel, Jérome, Francis
TPST : 2h40

En août, les effectifs du GSV se réduisent comme peau de chagrin. Comme personne ne se manifestait pour une sortie dominicale, j'ai chougné le vendredi soir sur le fil Whatsapp du club : "qui a envie d'une escapade anti-glandage, plutôt orientée "puits" pour changer des beuveries habituelles ?". Silence assourdissant des membres en vacances. Seul Jérôme répond et fait l'interface avec Dada, allergique à l'informatique et donc non connecté : "Mon petit Francis je vais voir avec El Presidente s'il a une idée. Après l'intoxication CO2 au Lapin, ça nous décrassera les bronches !". Pris au dépourvu, le Vénérable réfléchit un petit quart d'heure puis nous propose un inédit au GSV : l'aven Fuca ! Ce trou du massif de l'Audibergue, perdu dans les bois, affiche moins 80 à 90 mètres et fut d'abord exploré par le club de Vallauris, puis l'Aven Club de Grasse avant d'être repris il y a peu par le Garagahl et le Martel pour des travaux au fond. Il est entièrement équipé donc, comme le disait la pub des années 80 pour les dragées du même nom : "Fuca, yapluka !". 





 L'idée n'est donc pas de se faire chier mais de découvrir cette cavité et de voir l'avancement du chantier de nos confrères.

Rencard est donné à 9h sur le grand parking de la station de l'Audibergue. Comme souvent, le TSV (Trio Spéléologique de Vence) est en avance et on démarre tranquille avec un café au bar. Dixit le Président, il faut 20 minutes de marche pour atteindre l'objectif; sauf que Dada n'a pas mis les pieds dans le coin depuis quelques semaines, se goure de piste, et cela se transforme en 35 mn de balade dans les bois avec le barda. Le temps de s'équiper et il est 10 heures lorsqu'on commence à descendre; bien espacés les uns des autres car il pleut vite des cailloux : situé dans un vallon qui voit visiblement passer pas mal de flotte il s'agit en fait d'un embut à éviter en cas d'orage.

Un P10, un méandre bien humide plus une succession de ressauts et beaux puits de 10 et 15 mètres : on atteint vite fait le fond. Malgré un équipement à l'économie fait de cordes un peu courtes dont une avec un nœud en plein milieu, des sorties de puits parfois étroites et un passage un poil acrobatique avec une vire molle à l'horizontale, il n'y a rien de bien méchant. Cet aven porte assez mal son nom en fait : le transit est bon et il ne tache pas trop le fond des combis !

Jérôme, qui aime de plus en plus son petit confort, se demande, admiratif, comment nos collègues des clubs voisins peuvent recruter des gens pour bosser au fond. Il est vrai que 2 ou 3 barreaux de plus, des cordes plus généreuses et quelques aspérités en moins rendraient la cavité bien plus accessible, notamment pour se coltiner du matos.

II n'est pas 11h30 quand on touche le fond (au GSV on a l'habitude de toucher le fond, on nous le répète assez souvent...), où les travaux n'ont pas des masses avancés d'après Dada qui l'avait visité un mois plus tôt. Le Président est déçu : on ne peut descendre plus bas vers le joli et étroit méandre qui va nécessiter un sérieux recalibrage. Décision est prise de remonter pour déjeuner en surface. Du coup Jérôme et moi, nous sommes bien emmerdés à trimballer nos kits qui, comme d'hab', s'accrochent partout, en faisant gaffe à la demi bouteille de côtes-du-rhône (nous ne sommes que trois, je rappelle...) et aux succulentes chips d une célèbre marque bretonne qui cartonne en ce moment. En même temps, sans ces kits de merde,  nous serions descendus et remontés encore plus vite.

A 12h10 nous sommes sortis et on profite de notre pitance au frais dans le vallon de Canen avec les denrées mentionnées plus haut, descendues et remontées en parfait état, le pinard étant du coup à température de cave.

Comme il est encore tôt on décide de retrouver l'aven Canen situé à proximité et quelque peu délaissé également par les spéléos. Nous retournons aux charrettes pour nous délester de l'équipement car une nouvelle promenade s'annonce, sous une bonne température et avec toujours aussi peu d'infos de localisation. Jérôme télécharge sur son téléphone des coordonnées du site participatif GrottoMap et les croise avec la carte Topo IGN : elles correspondent à peu de choses près. Le Président, qui l'a visité juste après la Libération, se rappelle qu'il y avait "des gros cailloux et des buis, à côté d'un chemin" : avec ça, on est vachement aidés. Finalement, nous trouvons l'aven très exactement de l'autre côté de la piste, à l'opposé de l'endroit pointé par GrottoMap et IGN : oubliez la tech et les applis à la noix, et misez plutôt sur un vieux président de club qui a une boussole pas trop rouillée à la place du cerveau !

Nous pointons soigneusement le trou au GPS (son marquage J3 est toujours visible) et nous nous promettons d'y descendre une autre fois,

Cette sympathique sortie spéléo/rando se termine vers 15h30.


Francis




9 août 2026

Lapin carbonique

Participants : Daniel, Denis, Francis, Jérôme, Olivier
TPST : Fissa

Olivier, non content de faire tomber la moyenne d'âge du club, traîne un lourd passé de spéléologue et d'escaladeur. Amateur de boissons alcoolisées diverses et variées, il a naturellement frappé à la porte du GSV pour se remettre à niveau après quelques longues années d'abstinence (spéléologique). La spéléo, c'est comme le vélo sans selle, ça ne s'oublie pas ! Présent à la réunion du mercredi, notre nouvel ami était partant pour se manger une bonne longueur de corde histoire de dérouiller sa quincaillerie. Le Président proposa l'aven du Lapin, un classique dont le beau puits de 25 mètres permet toutes les remises en jambe.

Les soiffards de service répondent donc présent en ce chaud dimanche à 10 heures au chemin des Terres-Blanches. Canicule oblige, j'ai prévu un rosé glacé, et Denis nous a concocté un Hypocras maison  (vin médiéval macéré aux épices) pour lutter contre la déshydratation. Le temps de bavasser et de s'équiper il est onze heures quand nous nous introduisons dans le Lapin (ne pas confondre "s'introduire dans le Lapin" et "fourrer un lapin" : la zoophilie est prohibée au GSV). Le trou est équipé en double et j'ai avec moi mon détecteur industriel de CO2 ToxiRae Pro qui ne me quitte plus, curieux que je suis de connaître la concentration des cavités que nous visitons. Ces deux détails vont rapidement avoir leur importance.

Une fois tout le monde en bas, j'allume mon détecteur, avec la ferme intention de le faire descendre au bout d'une ficelle dans le puits au bas de la deuxième salle réputé pour son fort taux de CO2. Nous avons prévu de festoyer, comme d'habitude, dans cette deuxième salle. Je suis encore au bas du P25 quand je démarre mon appareil, lequel se met à bipper comme un fou : 30000 parties par million de CO2, soit 3% de l'atmosphère ambiante. Je subodore une couille du petit engin, mais après un autotest : même sinistre résultat. Il est vrai qu'on était légèrement essoufflé en arrivant au bas du P25, sans que cela soit justifié par la descente. Je signale à mes petits camarades qu'on est presque morts et qu'il ne faudra pas trop traîner. Le Président nous propose un petit tour rapide dans la deuxième salle dont le concrétionnement est toujours superbe. "Et puis on est là pour faire visiter à Olivier !", lequel se demande dans quoi il a fourré les pieds : et bien, dans une nappe de CO2 ! A la remorque du Président nous traversons le petit goulet direction la deuxième salle où mon détecteur trouve le moyen de grapiller 2000 ppm de plus : c'est sûr, on ne mangera pas là. Je n'ose imaginer le taux dans le puits terminal : je ferai l'expérience de la ficelle une autre fois.





Remarquer le CO2 rôdant perfidement autour des inconscients intrépides membres du GSV


La fine équipe retrouve avec soulagement les 2 cordes du P25 qui doivent faciliter une évacuation rapide de ce piège à rats. Et il y en a 3 qui montent comme des rats, tandis que je ferme la marche avec l'ami Denis, un peu plus lent. Nous grimpons de concert, chacun sur une corde et je laisse bipper mon détecteur pour le motiver. Dada lui a fourgué le fameux crolle Repetto qui a fait suer des générations de novices et visiblement Denis galère à faire coulisser le sien. J'ai beau tendre sa corde, il monte à la vitesse de la limace (je crois que c'est la première fois que je tire une limace... mais en tout bien tout honneur, hein). Nous arrivons à deux mètres sous la sortie et le Toxirae sonne toujours en affichant 27200 ppm : le lapin est vraiment plein de CO2 jusqu'à la gueule. A 12h15 nous rejoignons les autres lâcheurs sains et saufs.

Nous ne sommes pas restés assez longtemps en bas pour ressentir les effets délétères des concentrations de gaz carbonique supérieures à 15000 ppm (problèmes respiratoires, nausées, vertiges, etc.). A titre préventif je débouche sans tarder le côte de provence rosé bien frais, puis Denis débouche à titre curatif son Hypocras maison enrichi aux plantes médicinales dont le gingembre. "Tu es sûr que ce n'est pas plutôt pour soigner les troubles de l'érection ?" lui demande Francis, passionné de médecines naturelles. "Tu parles !" explique le docteur Denis "C'est un remède multi-maux, ça soigne la bite, les poumons, l'herpès génito-facial, les fistules et bien d'autres choses encore !". Convaincus par ce brillant exposé, nous dégustons le breuvage qui s'avère être vachement bon. "Comme tu m'as attendu et que tu m'as bien tiré, je te mets un doigt de plus !" me chuchote Denis. J'aime bien quand il me met un doigt... (...de vin en plus, bande de vicelards !). Pour parfaire le traitement, Olivier fait tourner une fiole de Pisco (du Cognac Péruvien). Je crois qu'on va garder ce garçon...

Du coup, les effets du CO2 se sont dissipés et il ne reste plus qu'à dissiper les effets de l'alcool. Ce qui sera fait vers 14h30 et le retour aux voitures.


Jérôme
(avec les photos de Francis)