16 août 2026

Aven Fuca

Participants : Daniel, Jérome, Francis
TPST : 2h40

En août, les effectifs du GSV se réduisent comme peau de chagrin. Comme personne ne se manifestait pour une sortie dominicale, j'ai chougné le vendredi soir sur le fil Whatsapp du club : "qui a envie d'une escapade anti-glandage, plutôt orientée "puits" pour changer des beuveries habituelles ?". Silence assourdissant des membres en vacances. Seul Jérôme répond et fait l'interface avec Dada, allergique à l'informatique et donc non connecté : "Mon petit Francis je vais voir avec El Presidente s'il a une idée. Après l'intoxication CO2 au Lapin, ça nous décrassera les bronches !". Pris au dépourvu, le Vénérable réfléchit un petit quart d'heure puis nous propose un inédit au GSV : l'aven Fuca ! Ce trou du massif de l'Audibergue, perdu dans les bois, affiche moins 80 à 90 mètres et fut d'abord exploré par le club de Vallauris, puis l'Aven Club de Grasse avant d'être repris il y a peu par le Garagahl et le Martel pour des travaux au fond. Il est entièrement équipé donc, comme le disait la pub des années 80 pour les dragées du même nom : "Fuca, yapluka !". 





 L'idée n'est donc pas de se faire chier mais de découvrir cette cavité et de voir l'avancement du chantier de nos confrères.

Rencard est donné à 9h sur le grand parking de la station de l'Audibergue. Comme souvent, le TSV (Trio Spéléologique de Vence) est en avance et on démarre tranquille avec un café au bar. Dixit le Président, il faut 20 minutes de marche pour atteindre l'objectif; sauf que Dada n'a pas mis les pieds dans le coin depuis quelques semaines, se goure de piste, et cela se transforme en 35 mn de balade dans les bois avec le barda. Le temps de s'équiper et il est 10 heures lorsqu'on commence à descendre; bien espacés les uns des autres car il pleut vite des cailloux : situé dans un vallon qui voit visiblement passer pas mal de flotte il s'agit en fait d'un embut à éviter en cas d'orage.

Un P10, un méandre bien humide plus une succession de ressauts et beaux puits de 10 et 15 mètres : on atteint vite fait le fond. Malgré un équipement à l'économie fait de cordes un peu courtes dont une avec un nœud en plein milieu, des sorties de puits parfois étroites et un passage un poil acrobatique avec une vire molle à l'horizontale, il n'y a rien de bien méchant. Cet aven porte assez mal son nom en fait : le transit est bon et il ne tache pas trop le fond des combis !

Jérôme, qui aime de plus en plus son petit confort, se demande, admiratif, comment nos collègues des clubs voisins peuvent recruter des gens pour bosser au fond. Il est vrai que 2 ou 3 barreaux de plus, des cordes plus généreuses et quelques aspérités en moins rendraient la cavité bien plus accessible, notamment pour se coltiner du matos.

II n'est pas 11h30 quand on touche le fond (au GSV on a l'habitude de toucher le fond, on nous le répète assez souvent...), où les travaux n'ont pas des masses avancés d'après Dada qui l'avait visité un mois plus tôt. Le Président est déçu : on ne peut descendre plus bas vers le joli et étroit méandre qui va nécessiter un sérieux recalibrage. Décision est prise de remonter pour déjeuner en surface. Du coup Jérôme et moi, nous sommes bien emmerdés à trimballer nos kits qui, comme d'hab', s'accrochent partout, en faisant gaffe à la demi bouteille de côtes-du-rhône (nous ne sommes que trois, je rappelle...) et aux succulentes chips d une célèbre marque bretonne qui cartonne en ce moment. En même temps, sans ces kits de merde,  nous serions descendus et remontés encore plus vite.

A 12h10 nous sommes sortis et on profite de notre pitance au frais dans le vallon de Canen avec les denrées mentionnées plus haut, descendues et remontées en parfait état, le pinard étant du coup à température de cave.

Comme il est encore tôt on décide de retrouver l'aven Canen situé à proximité et quelque peu délaissé également par les spéléos. Nous retournons aux charrettes pour nous délester de l'équipement car une nouvelle promenade s'annonce, sous une bonne température et avec toujours aussi peu d'infos de localisation. Jérôme télécharge sur son téléphone des coordonnées du site participatif GrottoMap et les croise avec la carte Topo IGN : elles correspondent à peu de choses près. Le Président, qui l'a visité juste après la Libération, se rappelle qu'il y avait "des gros cailloux et des buis, à côté d'un chemin" : avec ça, on est vachement aidés. Finalement, nous trouvons l'aven très exactement de l'autre côté de la piste, à l'opposé de l'endroit pointé par GrottoMap et IGN : oubliez la tech et les applis à la noix, et misez plutôt sur un vieux président de club qui a une boussole pas trop rouillée à la place du cerveau !

Nous pointons soigneusement le trou au GPS (son marquage J3 est toujours visible) et nous nous promettons d'y descendre une autre fois,

Cette sympathique sortie spéléo/rando se termine vers 15h30.


Francis




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