Participants : Daniel, Denis, Francis, Jérôme, Olivier
TPST : Fissa
Olivier, non content de faire tomber la moyenne d'âge du club, traîne un lourd passé de spéléologue et d'escaladeur. Amateur de boissons alcoolisées diverses et variées, il a naturellement frappé à la porte du GSV pour se remettre à niveau après quelques longues années d'abstinence (spéléologique). La spéléo, c'est comme le vélo sans selle, ça ne s'oublie pas ! Présent à la réunion du mercredi, notre nouvel ami était partant pour se manger une bonne longueur de corde histoire de dérouiller sa quincaillerie. Le Président proposa l'aven du Lapin, un classique dont le beau puits de 25 mètres permet toutes les remises en jambe.
Les soiffards de service répondent donc présent en ce chaud dimanche à 10 heures au chemin des Terres-Blanches. Canicule oblige, j'ai prévu un rosé glacé, et Denis nous a concocté un Hypocras maison (vin médiéval macéré aux épices) pour lutter contre la déshydratation. Le temps de bavasser et de s'équiper il est onze heures quand nous nous introduisons dans le Lapin (ne pas confondre "s'introduire dans le Lapin" et "fourrer un lapin" : la zoophilie est prohibée au GSV). Le trou est équipé en double et j'ai avec moi mon détecteur industriel de CO2 ToxiRae Pro qui ne me quitte plus, curieux que je suis de connaître la concentration des cavités que nous visitons. Ces deux détails vont rapidement avoir leur importance.
Une fois tout le monde en bas, j'allume mon détecteur, avec la ferme intention de le faire descendre au bout d'une ficelle dans le puits au bas de la deuxième salle réputé pour son fort taux de CO2. Nous avons prévu de festoyer, comme d'habitude, dans cette deuxième salle. Je suis encore au bas du P25 quand je démarre mon appareil, lequel se met à bipper comme un fou : 30000 parties par million de CO2, soit 3% de l'atmosphère ambiante. Je subodore une couille du petit engin, mais après un autotest : même sinistre résultat. Il est vrai qu'on était légèrement essoufflé en arrivant au bas du P25, sans que cela soit justifié par la descente. Je signale à mes petits camarades qu'on est presque morts et qu'il ne faudra pas trop traîner. Le Président nous propose un petit tour rapide dans la deuxième salle dont le concrétionnement est toujours superbe. "Et puis on est là pour faire visiter à Olivier !", lequel se demande dans quoi il a fourré les pieds : et bien, dans une nappe de CO2 ! A la remorque du Président nous traversons le petit goulet direction la deuxième salle où mon détecteur trouve le moyen de grapiller 2000 ppm de plus : c'est sûr, on ne mangera pas là. Je n'ose imaginer le taux dans le puits terminal : je ferai l'expérience de la ficelle une autre fois.
La fine équipe retrouve avec soulagement les 2 cordes du P25 qui doivent faciliter une évacuation rapide de ce piège à rats. Et il y en a 3 qui montent comme des rats, tandis que je ferme la marche avec l'ami Denis, un peu plus lent. Nous grimpons de concert, chacun sur une corde et je laisse bipper mon détecteur pour le motiver. Dada lui a fourgué le fameux crolle Repetto qui a fait suer des générations de novices et visiblement Denis galère à faire coulisser le sien. J'ai beau tendre sa corde, il monte à la vitesse de la limace (je crois que c'est la première fois que je tire une limace... mais en tout bien tout honneur, hein). Nous arrivons à deux mètres sous la sortie et le Toxirae sonne toujours en affichant 27200 ppm : le lapin est vraiment plein de CO2 jusqu'à la gueule. A 12h15 nous rejoignons les autres lâcheurs sains et saufs.
Nous ne sommes pas restés assez longtemps en bas pour ressentir les effets délétères des concentrations de gaz carbonique supérieures à 15000 ppm (problèmes respiratoires, nausées, vertiges, etc.). A titre préventif je débouche sans tarder le côte de provence rosé bien frais, puis Denis débouche à titre curatif son Hypocras maison enrichi aux plantes médicinales dont le gingembre. "Tu es sûr que ce n'est pas plutôt pour soigner les troubles de l'érection ?" lui demande Francis, passionné de médecines naturelles. "Tu parles !" explique le docteur Denis "C'est un remède multi-maux, ça soigne la bite, les poumons, l'herpès génito-facial, les fistules et bien d'autres choses encore !". Convaincus par ce brillant exposé, nous dégustons le breuvage qui s'avère être vachement bon. "Comme tu m'as attendu et que tu m'as bien tiré, je te mets un doigt de plus !" me chuchote Denis. J'aime bien quand il me met un doigt... (...de vin en plus, bande de vicelards !). Pour parfaire le traitement, Olivier fait tourner une fiole de Pisco (du Cognac Péruvien). Je crois qu'on va garder ce garçon...
Du coup, les effets du CO2 se sont dissipés et il ne reste plus qu'à dissiper les effets de l'alcool. Ce qui sera fait vers 14h30 et le retour aux voitures.
Jérôme
(avec les photos de Francis)
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