12 avr. 2026

Petit Agneau Pascal

Participants : Daniel, Alexei, Yannick, Sacha , Francis

TPST : c'est relatif, 5h30 pour le Président entré le 1er et sorti le dernier et une moyenne de 4h pour les autres


Respectueux des traditions, le GSV fête Pâques un peu en décalage avec une sortie à l'aven du Petit Agneau; N'étant pas des séminaristes convaincus il faut préciser que l'objectif était surtout de parfaire l'expérience de Yannick et de son fiston qui s'excluent souvent de sorties un poil techniques. Nous comptions sur Notre Petit Jérôme pour les coacher mais cet éminent bricoleur du dimanche ayant, la veille, bien bousillé sa dextre en tripotant un ventilo (il sait bien pourtant qu'il y a mieux à faire avec une main droite), c'est donc à 5 et non 6 que la partie va se jouer.

Le rencard est à 9h30 dans les bois de Saint-Vallier au milieu de nulle part (encore merci au pointage GPS de Jérôme dont le smartphone est bien moins dangereux qu'un ventilateur heureusement !). Déja arrivés ? Que nenni, on redémarre les voitures et on suit comme on peut le Président sur les pistes cabossées à travers le plateau. Entre 2 grincements j'appréhende le bruit annonciateur de l'élément qui lâchera sous ma voiture à force de cahots; amortisseurs et pneus se vengeront un de ces jours, c'est sûr ! Un kilomètre selon le Vénérable et 2.2 mesurés par Alexei, pour ma part j'ai eu l'impression de faire 5 bornes…

On s'équipe vite fait et on se tape l'incroyable marche d'approche de 5 minutes sous les phares réprobateurs de nos chignoles. Ensuite on fait bien gaffe à la manœuvre pour dégager le grooos caillou posé en équilibre sur du branchage à l'entrée du trou. C'est qu'il serait capable de choir et de bloquer le passage ce machin ! Dada entame la descente pour équiper, suivi un moment après par Alexei, un autre explorateur tout-terrain, chargé de veiller sur le jeune Sacha pour la descente du P25, notamment les 3 premiers mètres plutôt étroits (mais à la descente ça va toujours mieux, on le sait…).



Yannick suit son fiston et je fais la voiture-balai comme souvent, après avoir échangé quelques mots avec des promeneurs tout étonnés. Yannick s'inquiète, à raison, des craquements issus du fondement de sa combinaison (un bleu de travail à peine renforcé). Qu'il est beau ce P25 ! En bas, un joli palier nanti d'un balcon superbe est accessible grâce à une main courante installée par le Président (il a eu largement le temps...). On le visitera au retour car on a un peu glandé. S'en suit un P12 et un P10 avec pour seule difficulté un fractio doté d'une plaquette branlante, donc à ménager autant que faire se peut… Yannick ne sait plus où donner de l'objectif parmi les magnifiques concrétions qui nous entourent.

































Malgré l'heure tardive on décide de laisser nos kits avant le P10 et d'y revenir pour déjeuner, l'endroit étant sec et confortable. Un dernier coup de descendeur et nous voilà presque au fond, plantés dans une boue à y laisser ses bottes, contemplant de loin la suite quasi inaccessible dans toute cette bouillaque; d'autant que les appuis sont rares si l'on ne veut pas détruire les magnifiques concrétions de l'endroit. L'oeil égrillard, Yannick me sussure que le splatch splatch  de nos mouvements dans la boue lui rappelle l'une de ses ex (le G de GSV veut aussi dire "Gaudriole"). On grattouille nos bottes comme on peut pour éviter de trop pourrir les cordes et le matos à la remontée. Direction la tête du P10 où l'on retrouve un Sacha tout chafouin qui râle après son baudrier tchécoslovaque qui lui cisaille les roupettes : un réglage à faire peut-être ? Yannick nous confirme qu'il a bien bien explosé le fond de son bleu et donc n'ose pas s'assoir pour manger de peur de prendre l'humidité par le bas; son fiston n'est guère mieux et ils forment donc la paire qui déjeune debout, avec un courant d'air dans l'oignon. En panne de pinard (si, si, ça arrive, je n'ai qu'une 1/2 bouteille à ouvrir) et Yannick ayant oublié son rhum arrangé surprise, on déjeune donc sobrement. Sans Jérôme pour veiller à l'approvisionnement (le règlement intérieur du club préconise une demie bouteille de rouge par personne au minimum), le GSV partirait vite à la dérive. Alexei, qui se caille sérieusement les meules, entame la remontée, chargé une fois encore de piloter le cadet de la bande. Ce dernier engueule de suite son père qui ne lui tient pas assez bien la corde à son goût pour faire coulisser le crolle : la remontée va être épique ! Yannick suit en regrettant ses libations de la semaine passée. Plus haut on entend à nouveau le rejeton couiner comme quoi il n'arrive pas à sortir. Il faut toute la patience, le calme et la pédagogie de notre ami Alexéi pour que le môme franchisse l'étroiture verticale de sortie. En attendant en bas je visite le palier, le balcon et papote avec le Président qui en profite pour refaire aussi un tour du propriétaire. Un peu plus tard j'ouïs Yannick s'exclamer qu'il n'arrive pas à passer. Je me doutais bien que ces 3 mètres de chatière allaient nous emmouscailler... Mais mine de rien père et fils se sont joués du fractio sans s'en rendre compte, signe que le métier rentre. Par précaution, j'ai demandé à faire remonter mon kit avant le passage scabreux et j'ai bien fait : le P25 c'est de la rigolade à coté de ces 3 saloperies de mètres. Déjà que mon kit s'était entortillé dans mon bloqueur de pied dans le vaste P25 je n'imagine même pas ce que ça aurait donné dans le rétrécissement fatidique. Quand je sors la tête hors du trou je m'aperçois qu'Alexei poireaute depuis 1h30 ! Coup de bol pour lui, la météo est juste comme il faut malgré les nuages. Dada débouche peu après, sans aucun effort, en expert des étroitures qu'il est.


Voilà encore un aven spectaculaire mais qui se mérite. Remercions Yannick et son appareil magique pour ces photos incroyables. On referme et protège bien comme il faut l'entrée du trou et on est repartis pour une longue marche de 5 minutes. Avant ça, Alexei nous montre une cavité découverte il y a peu, à portée de sarbacane. Avec ses plus de 500 trous déjà répertoriés le secteur en propose encore ! Après déséquipement Yannick en arrive à la conclusion que son bleu est foutu et qu'il doit prendre au moins une taille de plus pour le prochain safari. Sacha, un poil désappointé, décide sur le moment de réduire sa participation aux sorties compliquées mais malgré tout de laisser encore une chance à son baudrier avant d'en changer. La fois prochaine il faudra que les encadrants lui règlent correctement le machin. A la maison le nettoyage du matos promet d'être sympa : même poids qu'à l'arrivée, la boue ayant remplacé la bouffe et la boisson. Puis nous nous payons un dernier coup de Rallye Dakar pour rejoindre le goudron… Arrivé chez moi, la première chose que j'ai faite c'est de compter mes enjoliveurs…


Francis

(avec les photos de Yannick)

 

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