11 janv. 2026

Deux trous en un à Roquefort-Les Pins

Participants : Daniel, Francis, Jérôme, Sacha, Yannick
TPST : 5h

Hormis la rime sympa du titre (enfin je trouve...), l'idée était le dépucelage en règle de Sacha et Yannick sur le passage de fractios et de dev's; pour ce faire c'est sur son secteur de prédilection que le Président a choisi deux trous d'une trentaine de mètres de profondeur : le 105-N2 et le Racine-poignée. Cette sortie a été plusieurs fois reportée pour cause de météo pourrie, de santé branlante des postulants ou de fêtes de fin d'année plus propices aux réunions familiales qu'aux sorties entre taupes.

Pour agrémenter la partie, Jérôme a amené son dernier gadget, un détecteur de CO2 qu'il a déjà testé en intérieur, coinçé par la crève dans sa piaule, à s'asphyxier tout seul... Faut savoir profiter des occasions. Le rendez-vous est au chemin du Debram à 9h30, bien connu de tous maintenant. Bien élevé, Yannick a apporté des viennoiseries.A mon avis il souhaitait un dépucelage en douceur...

Le temps de se fêter chacun un bon millésime 2026, de s'équiper par un petit 2 ou 3° heureusement pas venté, de passer près du Racine-poignée pour vérifier si l'aire du pique-nique prévue serait propice à un rayon de soleil bienvenu, et enfin de rejoindre le 105-N2, il est déjà quasiment 11h ! Dire qu'on démarre l'année tranquillement est un euphémisme. A noter qu'à l'extérieur du trou le détecteur de CO2 gueule déjà et nous avertit donc d'une mort imminente..

Malgré tout, Dada ouvre le chemin pour équiper et conseille Sacha, désigné comme première victime pour son dépucelage. Une petite main courante sur deux mètres environ et notre jeune ami se tape le P18 avec sa dev' et son fractio. S'en suit Jérôme chargé de guider Yannick pour les manips. Pilotés de main de maître par nos vétérans, père et fils atteignent le palier précédant le P8 terminal. Je les rejoint avec le titre envié de voiture-balai. Entre-temps les deux vieux ont vérifié la teneur en CO2 du P8 et leur remontée haletante a découragé nos deux dépucelés de frais (dépucelage partiel seulement, car il leur faut repasser fractionnement et déviation dans l'autre sens). Le détecteur a atteint son niveau maximum mais je tente le coup quand même et je descend le P8 plein de CO2. Après coup, j'en déduis que nos deux vieillards n'ont pas totalement récupéré des excès de la fin d'année car, de mon coté, la manœuvre a été totalement indolore.

Yannick ne perd pas son temps et nous fait de magnifiques clichés : à les découvrir plus tard, je n'ai pas l'impression d'avoir visité les mêmes cavités, c'est bluffant  ! Je vous les mets en vrac, pas la force de les trier...
































































 

Il est quasiment 13h quand la seconde partie de l'épreuve commence : la remontée. Jérôme attaque en crachant des morceaux de poumon bouffés par le C02 suivi de Sacha qui, comme souvent, râle un bon coup, cette fois sur son baudrier mal ajusté qui le fait souffrir au niveau des roubignolles. C'est que c'est fragile, les roustons d'un ado... Après moults encouragements, conseils et efforts, la mini troupe s'extirpe du 105-N2 avant la nuit.

On prend quand même le temps de recouvrir sérieusement l'entrée du puits avec des branches pour s'éviter la découverte ultérieure de cadavres de clebs ou autres bestioles chutées accidentellement.

Retour aux abords du Racine-poignée et l'on débouche la bouteille de Lirac tant attendue : souvenez-vous, elle avait survécu à l'aven de la Baume pour cause de tire-bouchon oublié par ma pomme (mine de rien j'ai eu droit à une remarque un peu rancunière , comme quoi la mémoire ne fonctionne pas avec les capacités pulmonaires...). Curieusement, malgré l'absence de feuilles dans les arbres on n'est pas brûlés par le soleil et on profite donc de notre pitance agrémentée dudit picrate qui titre ses 15°, d'un camembert Présidentiel mais aussi d'un café bienvenu et pour finir d'un cognac réconfortant amené par Jérome qui adore aller au fond des choses. Seul Sacha qui ne boit pas (encore...) reste gelé.

Le second aven est plus court. Le puits principal est équipé d'un faux fractio plein vide (il a tout le confort moderne avec de quoi poser les pieds) que les dépucelés du matin franchissent dans les deux sens the fingers in the nose. Démarrée vers 14h30 la visite ne dure que parce que le Président réclame une collection de photos à notre expert Yannick. Du coup il est presque 17 h quand nous entamons la courte odyssée du retour dans les bois à la suite du Vénérable. Retrouvailles avec nos chères chignoles, désapage express, serrages de louches, promesses de proches revoyures et retour au bercail... encore un dimanche comme on les aime.

 

Francis
(avec les photos de Yannick) 

23 nov. 2025

L'aven de la Baume, enfin...

Participants : Daniel, Francis, Jérôme, Mathieu
TPST : 5h30

Cela faisait un petit moment que cet infidèle de Mathieu (parce qu'également membre du Martel), voulait nous faire découvrir un joli trou situé sur le plateau de Calern et exploré depuis quelques années par le club Niçois. Que voilà un bon plan pour nous autres vieillards du GSV : un bel aven tout équipé à trente minutes à pied des voitures, le rêve du spéléologue en fin de vie, quoi. 

Il y a deux semaines eut lieu une première tentative par une météo exceptionnelle et une douceur extrême. Las, notre ami Mathieu (qui avait pourtant déjà fait le trou quatre fois) mit à peu près quatre heures pour retrouver l'emplacement de la cavité, non comprise la pause-déjeuner en plein air avec pinard, café et digestif... Début de démence sénile ? Jemenfoutisme infectieux ? Toujours est-il que ce dimanche-là, après avoir longuement tournicoté dans la garrigue, nous n'eûmes plus le temps de descendre dans le trou. La séance fut donc reportée au dimanche suivant qui s'avéra copieusement arrosé. Puis nouveau report à ce jour où nous fûmes cueillis par un froid piquant sur le parking du CERGA. A 9h30 les quatre fantastiques étaient réunis pour atteindre la cote de moins 180 mètres, objectif initial de la sortie.

Nous nous équipons aux voitures, peu attirés par la perspective de nous dénuder en plein air au bord du trou, les roubignolles délicatement caressées par la perfide bise qui souffle sur le plateau. A 10h15 nous sommes debout à côté de la splendide trappe métallique fermant l'aven : Daniel reconnait la patte de son ami Alain Gomez, découvreur du trou et amateur de belle maçonnerie. A 10h30, Mathieu s'enfile suivi de Dada et de votre serviteur, le prudent Francis fermant la marche. 

Exploré jusqu'à moins 300 mètres par la vigoureuse jeunesse du Martel, l'aven de la Baume est une succession de beaux puits architecturaux dont un P32 d'entrée précédant un P20 de belle facture, puis une papardelle de puits plus ou moins modestes entrecoupés de quelques méandres et de boyaux bien recalibrés. Notre objectif de moins 180 mètres correspond à une inquiétante trémie qui garde l'accès au fond et au-delà de laquelle il est hors de question que nous nous aventurions. 

Nous mettons à peu près deux heures pour atteindre la trémie car Mathieu s'arrête fréquemment pour faire de petites conférences scientifiques face caméra à l'attention de notre ami François, éminent géologue amateur momentanément empêché de spéléo. Le Président rouscaille pour deux raisons : un. Il est 12h30 quand nous attaquons le casse-croûte, ce qui est beaucoup trop tard. Deux : Francis qui avait apporté un superbe côtes-du-Rhône 2018 Vieilles Vignes a également oublié le tire-bouchon dans sa voiture. Nous déjeunons donc à l'eau froide ce qui n'est pas pour améliorer l'humeur présidentielle. Tout juste si mon café bien chaud servi en fin de repas lui arrache un rictus de reconnaissance. M'est avis que ce malheureux Francis va écoper d'une sanction disciplinaire pas piquée des hannetons à la prochaine réunion. Même votre serviteur y passe : "Tu aurais pu quand même amener ton tire-bouchon, scrogneugneu !" "Mais votre Honneur, me défendai-je sournoisement, ce n'est pas moi qui ai amené le pinard...".

La trémie face à laquelle nous déjeunons est un monstrueux amas de blocs sertis dans une gangue d'argile. Deux misérables étais tout rouillés donnent l'illusion qu'ils peuvent empêcher le bazar de s'effondrer et de couper du monde les malheureux qui auraient eu l'inconscience de passer de l'autre côté. Rien que de regarder la dizaine de mètres (en hauteur) de glaise et de roche instable surplombant le passage et qui ne demandent qu'à se disloquer, il me vient des bouffées claustrophobes.

Tout à nos frissons rétrospectifs nous remballons et attaquons la remontée. Dada passe devant prétextant son grand âge et son emphysème qui sont susceptibles de le ralentir. Je le soupçonne d'avoir surtout une vigoureuse envie de chier car, mine de rien, le Grand Homme a encore de la ressource. Francis le suit mais très vite nous l'entendons pester après son kit qui semble trouver un malin plaisir à s'entortiller dans ses pattes. Je le rejoins et lui propose de souffler un peu car il est rouge comme un coquelicot. Du coup je le double en lui promettant de l'attendre en cas de sortie de puits un peu trop scabreuse. Ce ne sera pas nécessaire car Gomez et le Martel ont fait un beau travail de calibrage et d'équipenent qui rendent ce trou très agréable à parcourir. Je grimpe tranquilou car manquant un peu de pratique cordesque ces dernières semaines et passe le museau dehors vers 15h30. J'y trouve un Dada quelque peu frigorifié qui m'annonce être sorti vers 15h. C'est bien ce que je pensais, il est monté comme une fusée pour aller caguer; mais on ne peut pas lui jeter la pierre : l'eau lui file la chiasse alors que le pinard a tendance à le constiper.  Je vous rappelle qu'à cause de Francis le malheureux a été privé de vin ce midi.

En attendant la sortie du père Francis il m'amène à quelques encâblures du trou pour me montrer dans le lointain la baume à flanc de doline qui a inspiré Gomez pour baptiser son aven. Il est rare qu'un spéléo nomme une découverte avec le nom d'un truc situé 200 mètres plus loin. Le Président, comme beaucoup de speléos découvreurs, baptise un trou en lui donnant le nom d'un machin quelconque trouvé à proximité : un préservatif usagé et hop ! voilà l' "Aven de la Capote"... Alain Gomez, lui, est à part, c'est une sorte de poète de la spéléologie qui sait prendre du recul (au moins deux cent mètres...).

Mathieu émerge bon dernier à 16h00 après avoir récolté quelques échantillons de roche à l'attention de l'ami François, puis nous décarrons fissa vers les voitures car le soleil disparaît déjà à l'horizon et la température dégringole de minutes en minutes.

Après moultes reports, le GSV aura finalement eu raison de quelques 180 mètres de ce bel aven, certes sans pinard, mais avec la certitude que la remontée aurait été bien moins agréable avec quelques verres dans le cornet.


Jérôme



    


19 oct. 2025

Baptême désob' à la Siagne

Participants: Daniel, Pierre, Francis
TPST: 3h à la louche

Objectif du jour : poursuivre la désob' d'une grotte de Pierre Mazoué surplombant la Siagne.

Pour les béotiens, quelques précisions sur le terme "désob'" souvent utilisé par nos amis cavitophiles : d'abord il s'agit d'un seul mot car, phonétiquement, les esprits déviants (comme l'eau) pensent tout de suite à une regroupement de pénis, alors que les révolutionnaires dans l'âme pensent plutôt désob'...eissance. Loin de tout cela, "désob'" est l'abréviation spéléologique de "désobstruction" c'est-à-dire l'art d'éjecter un maximum de matériaux empêchant l'accès au plus profond des conduits.

Pierre ayant épuisé le cheptel de son club (qui recrute qui veut bien s'y coller), il a demandé à son bon ami Dada s'il n'aurait pas du personnel GSV de dispo pour aller gratter sous terre. En bon tuteur, notre Président m'a donc proposé un baptème de désob'. En novice dévoué et curieux, j'ai évidemment accepté, autant pour découvrir le boulot de terrain que le bonhomme Pierre que je ne connaissais pas…

Rendez-vous est pris à 9h à Pré-du-Lac. Pierre nous invite à covoiturer et hop ! direction le quartier de la Baume Obscure. Déjà, dans la voiture, je me suis demandé si j'avais bien fait de venir : Pierre a tellement confiance en sa bagnole qu'il nous propulse à la vitesse de la lumière vers la cible; en chemin, j'ai remercié en pensée les quelques traîne-culs sur la route qui ont contribué à ralentir notre allure.

Le temps de ramasser les sacs plus ma "luge" de baptême, nous tentons de suivre Pierre, toujours branché sur le 380, qui s'élance ventre à terre pour quasiment une heure de rando dans les collines. Dada pourtant habitué à cavaler dans la nature le fait ralentir et votre serviteur, lui-même randonneur aguerri, tire la langue en maudissant son job de sédentaire. Nous sommes en période de chasse donc on surveille un peu les miradors, des fois que…

Que vient faire une luge là-dedans allez-vous me dire ? Il s'agit en fait d'un bidon en plastique coupé aux 3/4 dans le sens de la longueur et qui, attaché à une corde, sert à trimballer les gravats par glissement : pratique et pas cher !

L'accès final à la grotte, que l'on devine seulement si on nous le désigne du doigt, se fait en territoire pour chèvres sauvages, au milieu de pierriers mortels qui dévalent tous vers la Siagne, 40 mètres en contrebas. Restons concentrés...



La grotte profite d'une vue magnifique sur la rivière et dispose d'une terrasse confortable pour le déjeuner (les photos le prouvent). Son entrée est imposante, même si la déco de Pierre laisse un peu à désirer.



Après une petite montée de quelques mètres en  main courante, nous voilà à l'entrée de la galerie proprement dite. Il est environ 10h15. On s'enfile à la queue leu-leu (normal quand il y a des zobs désob') sur 30 mètres jusqu'au départ du boyau à partir duquel chacun ira à tour de rôle remplir sa luge de gravats pour ensuite la vider dans la pente en tête de galerie; c'est simple mais si ce n'est pas clair pour vous, tant pis…

Que dire de plus ? Et bien que c'est un vrai boulot de forçat et qu'au bout de quelque temps on a du mal à comprendre ce qu'on fait là étant donné qu'on ne cherche pas à se tirer d'une prison ! A chaque passage, je croise un Pierre hilare qui visiblement s'amuse comme un petit fou : encore un accro au terrassement souterrain aussi flingué que notre bon Président. De plus, si les premiers voyages se font avec des cailloux, c'est ensuite un amalgame boueux bien collant qu'il faut extraire et évacuer. Que du bonheur je vous dis.  Heureusement que c'est pour une bonne cause.

Ayant bien rampé 1h30 en trainant dans nos luges attachées à la taille je ne sais combien de kilos (au moins 5 ou 6 chargements par tête de pipe), voila enfin l'heure de déjeuner. Nous profitons bien de la terrasse et de la vue en reprenant quelques forces pour la suite. 


Pendant que Pierre prépare un tir d'élargissement avec l'aide de Dada pour les bourres (le Président aime bien bourrer en compagnie), je dégage les gravats de la pente pour les amener vers la sortie. Dada ressort me filer un coup de main pour amasser les déblais sur les cotés de l'entrée et nous nous retrouvons avec une pente bien propre, pas casse-gueule pour un sou. En attendant le retour de Pierre, annoncé par un coup de canon étouffé à peine plus sonore qu'un pet post-cassoulet, on se prépare au retour avec notamment un décrassage succint de nos fringues.

Ayant préparé le terrain pour une prochaine séance minière Pierre est en train de ressortir. Mais connaissant l'animal, Dada décide de prendre de l'avance et on décolle tous les deux fissa. Il est 15h et quelques. Désolé pour la précision horaire mais l'écran de ma montre disparait sous la boue. Nous nous concentrons au maximum pour franchir la partie scabreuse jusqu'à la passerelle sur la Siagne puis nous enquillons à nouveau 45 minutes de marche jusqu'à la voiture, avec une petite bruine pour nous rafraichir et surtout nous inciter à ne pas glander. Pierre parti dernier nous a rattrapé vite fait et ne supportant pas notre lenteur, a profité d'un raccourci pour nous faire l'intérieur et nous doubler à fond la caisse, tout cela avec un sac contenant le perfo, la batterie, etc.. Ce type est un mutant.

Après remplissage de la chignole, retour express à Pré-du-Lac avec, là encore, encore mille remerciements aux mous du genou qui ont su inconsciemment ralentir notre vitesse ! Le temps de débriefer un poil et, pour Pierre, de vérifier si le baptisé de frais est prêt à remettre ça (pourquoi pas ? Mais pas cette semaine parce que j'ai piscine...) il est déjà 16h30 quand on s'en serre cinq et qu'on part chacun retrouver nos pénates.

A celui qui dit que la spéléo n'est pas une activité physique, je propose une séance "l'excavation souterraine pour les nuls" avec l'ami Pierre et après on en rediscute...



Francis


 

12 oct. 2025

Visite aux Trois mille pattes

Participants : Adeline, Daniel, Hélène, Jean-Paul I, Jean-Paul II, Nadine, Raphaël
TPST : 3h45

Le rendez-vous était à 9h au parking du Baou avec une équipe du Club Omnisports de Valbonne. Raphaël était déjà venu lors d'une sortie précédente. Jean-Paul Sounier accompagne les filles ainsi qu'un autre Jean-Paul. Nous entrons dans la cavité à 10h. Lors de la visite des premières salles, les Jean-Paul mitraillent à tout va. Nous allons ensuite vers le réseau des Champignons avant de descendre à la salle du Théâtre : quelques amateurs vont visiter le fond. Nous finissons par la salle du Cierge blanc pour une nouvelle rafale de photos. Nous sortons à 13h45 pour casser la croûte, nos amis préférant saucissonner au soleil. Nous convenons d'une prochaine visite pour découvrir les autres merveilles souterraines du Baou.

Daniel

5 oct. 2025

Baou des Blancs : trois baumes d'un coup

Participants : Daniel, Yannick, Francis
TPST : 2h45

Après quelques semaines sans sorties découvertes pour cause d'indisponibilité des uns et des autres ou perturbations routières dues à nos "amis" (de moins en moins amis du coup) tri-athlètes, environ le tiers du GSV soient trois braves se retrouvent enfin ce dimanche matin à 9h non loin du domaine St Martin, sur les hauteurs de Vence. Comme d'habitude tout le monde est à l'heure voire en avance : encore une preuve du sérieux des membres du GSV quoiqu'on en dise.

Objectif : la découverte pour les deux novices pilotés par son Eminence Dada, de rien moins que trois  grottes : la baume-qui-remonte, la baume Chabert et enfin la baume du sécateur ! Ne s'agissant pas d'un stage d'initiation à la retraite spirituelle en ermitage, c'est bien ensemble que se feront ces visites et non pas chacun dans son trou. L'expérience ne prévoyant pas de manipulation de cordes, c'est délestés de toute la quincaillerie que nous attaquons les 45 minutes de rando dans le maquis pour arriver à la première cavité, la fameuse baume-qui-remonte et ses multiples entrées (6 pour le moment voire 7 prochainement). Évidemment, seul le Président en connait l'accès et il a beau nous dire qu'il faut juste se repérer "par rapport à la barre rocheuse", nous autres acolytes-boulets serions infoutus de refaire le trajet le lendemain.

Le temps de nous équiper nous démarrons le ramping vers 10h. Le casse-croûte se fera au retour, en extérieur, pour profiter de la magnifique vue sur la côte et de la température idéale de ce début octobre. On rampe donc léger dans une petite partie du réseau (450m de développement à ce jour). Des boyaux et de sympathiques étroitures desservent de très belles salles dont celles du Minaret et du Champignon avec de remarquables concrétions.

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On descend par ici, on remonte par là, on s'enfile (non, ce n'est pas sale...) dans un sens, on revient dans l'autre, le tout en copiant au mieux les gestes du Vénérable qui aurait vite fait de nous larguer si nous prenions Yannick et moi un peu trop de temps à nous contorsionner dans les méandres. Un couple de chauve-souris roupille au plafond à l'aplomb d'une belle plage de guano. Le Président nous montre les restes d'un gamin préhistorique : un bout de crâne et de mandibule qu'on ne pourrait pas attribuer à une quelconque bestiole du type blaireau ou renard. L'Ancien nous fait grâce des étroitures trop merdiques et il est 11h45 quand nous ressortons de cette première baume vraiment très cholie (non je n'ai pas encore bu !) par l'entrée  historique situé quelques mètres plus bas par rapport à la sortie par laquelle on est entrés (hips !). Ça va ? Vous suivez ?....





L'heure du déjeuner sonne dans le lointain. Yannick ayant picolé un peu, beaucoup, passionnément la veille, il ne nous est pas d'une grande aide pour dégommer la bouteille de 2018 que j'ai amené. Le bouchon de ladite ayant souffert au débouchage, on s'est donc fait un devoir de ne pas verser le divin breuvage bio ailleurs que dans nos gosiers desséchés à Dada et à votre serviteur. Néanmoins, comme ça titre 15°, nous prenons bien soin de nous caler l'estomac car la journée n'est pas finie. Pour éviter tout problème digestif le bon docteur Yannick nous prescrit deux doigts de sa verveine maison à 50° qu'il transporte toujours dans sa trousse de premier secours, bien calée entre les préservatifs et la pommade pour les hémorroïdes. Le remède est si puissant que j'en ai perdu la vue pendant une quinzaine de secondes. Le Président, lui, l'a trouvée un peu "légère". Quand on vous dit que cet homme est en inox !


Du coup, je ne sais plus à quelle heure on a commencé la visite de la baume Chabert, aussi bien boyautée que la précédente mais un peu moins jolie et un peu plus boueuse. Dada nous énumère bon nombre d'accès dont j'ai perdu le compte : la verveine, comme tout médicament, a des effets secondaires sur la mémoire. El Presidente nous confie que certains de ces accès sont devenus infréquentables car désormais infestés de puces. Les petites bêtes ont été amenées, probablement, par des bestioles amatrices des travaux de terrassement de Dada. En véritable amoureux de la faune il leur fabrique en effet de confortables terriers. 

Toujours est-il qu'on ne lambine pas car notre infatigable Président mutant veut aussi bosser un peu sur l'entrée encore étroite de la baume du sécateur, troisième et dernière cavité du programme. Elle a ainsi été nommée car il a fallu jouer sérieusement de l'instrument pour accéder au site, c'est dire l'hospitalité de la végétation alentour. Un bon conseil : prévoyez des gants de jardin pour circuler dans le coin...

Pour élargir l'orifice de la demoiselle (cette baume quasi-vierge est une récente découverte), Daniel n'y va pas par quatre chemins : un coup de burin par ci, un coup de perforateur par là et pour finir ou presque, un petit coup de grisou pour éparpiller la caillasse. Le temps de balancer les gravats hors de l'entrée nous voilà repartis récupérer nos affaires sous le magnifique porche de la baume-qui-remonte et hop, après 45 minutes dans la pampa, nous retrouvons nos chignoles vers 17h. 

Bref, encore un superbe dimanche souterrain entre potes avinés. Et selon la formule consacrée et éprouvée : les absents ont toujours tort !


Francis

(avec les photos de Yannick) 

17 août 2025

Vigneron et bonne bouteille

Participants : Daniel, Jérôme, Yannick, Sacha et Francis
TPST : 6h

Devenu  un classique des Alpes-Maritimes, l'aven Vigneron est notamment connu pour avoir hébergé pendant 3 mois en 1964-65, la première femme spéléonaute, Josie Laurès, pour une expérience hors du temps pilotée par Michel Siffre. Des féministes cul-serrés diront que la maltraitance des femmes ne date pas d'hier. Au GSV nous préférons rendre hommage à ces courageuses pionnières.


Il est 9h30 quand le club des cinq constitué de trois bleus-bites encadrés par deux vétérans jamais blasés se retrouve sur le parking de la via Souterrata à La Moulière. Au programme, un passage de déviation un peu acrobatique pour les nouveaux venus au GSV afin de parfaire leur formation. Le démarrage est un peu mou et il est déjà 10h15 quand on soulève la grille qui ferme l'entrée du trou, pourtant à 100 mètres du parking ! 


Dada ouvre la marche pour équiper les premiers puits en passant la consigne de faire suivre au plus près le kit contenant la corde du P25 mais les bleus-bites ne captent rien et c'est Jérôme qui hérite du fardeau alors qu'il prend le rôle de serre-file : le Président va pouvoir attendre ses cordes un moment...


Le Vigneron étant depuis toujours accessible aux débutants, la descente des petits puits et toboggans se fait sans difficultés particulières jusqu'au palier précédant le P25 où, bien entendu, Dada réclame son kit de cordes à corps et à cris. Il rouspète sur le manque de clairvoyance de ses compères et prend donc l'initiative de remonter jusqu'à Jérôme pour le récupérer plus rapidement. L'objectif d'atteindre le fond pour la pause-déjeuner, à midi s'est évanoui, ce qui tend l'ambiance tant il est vrai qu'on ne badine pas avec l'estomac présidentiel…





Par ailleurs, force est de constater que le Vénérable a encore de belles qualités d'acrobate quand on le voit équiper l'entrée du puits à bout de bras tout en faisant le grand écart ! Dada parti devant pour installer la suite c'est donc Jérôme qui pilote la descente de Yannick et du jeune Sacha toujours prompt à s'énerver quand cela ne se passe pas comme il veut. Aah comme la jeunesse est impétueuse. Votre serviteur étant promu serre-file, il devra se démerder pour justifier sa récente (et relative) autonomie… L'amarrage de la déviation étant loin d'être optimal (tiens Dada, prends-toi ça...), celle-ci décide de se barrer au passage d'un des larrons, les suivants faisant alors tout leur possible pour limiter le frottement de la corde sur le rocher.

Arrivés pour déjeuner à l'endroit où la spéléonaute passa ses trois mois, on s'interroge sur la façon dont elle a bien pu s'occuper tout ce temps dans cet espace humide dont on a vite fait le tour. Cet obsédé sexuel de Jérôme a bien une petite idée mais nous l'empêchons d'ouvrir la bouche dans un souci de bienséance et de politiquement correct. Bien installés sur les bancs d'époque on débouche la sacro-sainte bouteille, un bon rouge corse "cuvée du Président". La quille de rosé bien calée dans le kit de votre serviteur (qui devait servir de secours en cas de bris de la bouteille principale) remontera intacte, les effectifs étant moins nombreux que prévu. Tout le monde sait que j'ai l'habitude de faire voyager mes boutanches pour m'entrainer au portage du kit. 



Chacun ayant amené un petit truc sympa, le casse-croûte se passe admirablement et les nouveaux venus poussent ensuite un peu (mais vraiment un peu) plus loin la descente jusqu'à s'arrêter à l'entrée des 2 boyaux boueux et bien étroits pas super motivants après les beaux volumes précédents. Yannick, comme a son habitude, nous a fait de belles prises de vues des superbes concrétions de ce magnifique aven et surtout du musée composé de petits personnages en glaise solidement membrés. Nouveauté depuis la dernière visite du GSV en 2021 : un squelette nazi...




La digestion faite, Dada repart comme une flèche rétablir la dév'  qu'il surveille désormais comme le lait sur le feu à la remontée des blaireaux. Comme à mon habitude, j'ai oublié mon bloqueur de pied dans la voiture, ce qui du coup m'avantage pour le passage de la déviation sous l'oeil acéré du Président. Celui-ci en profite pour étudier la modification à apporter plus tard afin d'avoir une dév' qui joue vraiment son rôle : à priori un simple décalage de 10cm sur l'installation. Comme le dit notre Vieux Singe...Sage : "Mal foutu au début, mal branlé pour l'éternité". 

Yannick et Sacha se sortent plutôt bien de l'exercice. Dada nous épate encore en récupérant acrobatiquement ses cordes et Jérôme ferme la marche en déséquipant le P25 et les mains courantes (c'est sa punition pour avoir livré le kit de cordes en retard lors de la descente). Il est à peine plus de 16h quand nous refermons la grille, au milieu des braillements des adeptes de l'accrobranche suspendus juste au dessus; le retour au bruit de la populace après le monde du silence est un peu brutal pour le coup, sans parler du choc thermique avec la canicule de ce mois d'août ! On ne s'attarde donc pas trop...

L'aven Ollivier, tout proche et prometteur, a lui aussi été le cadre d'une expérience hors du temps à la même époque.  Voilà un prochain thème de sortie pour les bras-cassés du GSV.



Francis
(avec les photos de Yannick, Francis et Vincent Gargano)